18.3.05


le temps des vacances Posted by Hello

pas le temps de se coiffer Posted by Hello

sur le penchant des jours: l'histoire de Miny (suite)

le nouveau conte de Miny: Coralline



Le jour Coralline habite la grande chambre du bas. Elle est bien souriante. La fenêtre est ouverte. Le grand monsieur noir qui passe lui fait un salut bien poli. Elle lui adresse le sien avec un petit signe en plus pour montrer qu’on est bien égaux. Elle sort avec la voisine et son petit chien. L’air est spongieux. Les murs sont spongieux. Elle se sent tout à fait soluble. Petits cancans sucrés. Gros bobos enfiévrés. Un grain de poivre sur la langue. Odeurs fraîches des fenêtres. On respire bien.
Ça pourrait être ça sa vie.

Mais il y a la chambre du haut. Depuis la nuit des temps elle y fabrique un enfant que personne ne connaît. Elle, elle a sa petite idée. Une belle petite idée qui pousse en fleurs multiples qu’elle entretient et soigne avec ferveur.

Chaque soir elle s’interroge : est-ce bien ainsi ? Ce n’est qu’une ébauche. Parfois une rêve dans la nuit. Sûr elle va réussir. Du lait coule de ses doigts. Dans le linge de l’armoire sont les synapses empilées, des petits ponts vers tous les temps. Ce sera un enfant des temps futurs avec des cheveux de vent, le grand souffle des commencements. Elle lui racontera des histoires. Des histoires de revenants qui lisent l’avenir et le présent et il sera tout content, l’enfant.

Mais demain il y a école. L’école des autres enfants. Alors elle le range bien à l’abri dans un placard, à côté de l’armoire aux mémoires, parmi les stocks de neurones dormants, de petits flacons hormonants et les grimoires de tous les temps. Demain elle ira voir dans la rue s’il y est. Parce que lui aussi il a sa petite idée. Alors elle le ramènera prudemment. La rue c’est pas pour les enfants. Un lieu où passe le monsieur noir si souriant. On ne sait jamais.




Quand il sera grand il fera des avenues. Des avenues larges comme le monde où seront tous les enfants. Des noirs, des jaunes, des blancs. On aura rasé toutes les maisons -ni portes, ni fenêtres- pour que puisse souffler le vent, le vent tiède des planètes, des bouquets d’étoiles et des mondes errants. Il n’y aura plus que des enfants, des enfants-mères, des mères enfants .

à suivre..

17.3.05


le printemps revient Posted by Hello

Renaissance

Oui, le printemps arrive, les fleurs renaissent. Pas exactement les mêmes, pas tout à fait mais ressemblants aux anciennes. Ansi, mon blog pas retrouvé, mais une autre a déjà pris sa place :
Julie70B
vous allez voir, toujours, malgré tout, avec le vert de l'espérance.
Je publie ceci, puisque les commentaires ne marchent pas encore sur ce blog pour le moment.

16.3.05

sur le penchant des jours:l'histoire de Miny (suite)

Miny était assez contente de son conte. Tout ou presque y était symbole, les rêves de l’adolescence, les errances à la recherche de l’idéal et puis la chance de sa vie : une orange, une sauvegarde, un fruit qui portait des graines. Les lentes et parfois dramatiques germinations, les éclosions et pour finir deux petites feuilles vertes et luisantes qui se haussaient vers la lumière.

Pourquoi donc une amie lui avait dit que c’était triste ?

Ses petits enfants continueraient après elle le mystère de la création, il ne fallait pas avoir peur de la mort .
Ce n’était qu’une poussière, une poudre à disperser au vent.

Il ne fallait pas avoir peur de vieillir.

En réalité Miny n’était pas tout à fait aussi sage qu’elle l’aurait voulu. Elle n’était pas si sûre d’avoir accompli sa tâche, d’avoir compris le sens de sa vie .
Elle écrivit un autre conte un peu baroque pour y cacher , pour y déguiser ses incertitudes, ses interrogations persistantes, son effort de vivre, et son espoir quand même .

Elle n’était pas encore morte ni même complètement résignée .

12.3.05

nos amis les animaux

collage fanny et lïkPosted by Helloa
c'est une chance pour les enfants de pouvoir caresser un un animal familier
fanny a dit :Laïka fait partie de la famille!

11.3.05

sur le penchant des jours N 12 mikarena suite et fin

Comme elle avait très soif et très faim, elle la dévora sur le champ, mais elle eut bien soin de conserver les graines. Deux petites graines rondes et luisantes pour lesquelles elle se prit d’un amour fou et désespéré. Elle regarda autour d’elle. Il faisait doux. Une grosse boule de feu surgit à l’horizon et le gris de l’air s’argenta sur le sable.

Alors Mikarena trouva un endroit pour y enfouir ses graines. Ce ne fut pas plutôt fait qu’elles se mirent à germer comme de bonnes petites semences qu’elles étaient. Elles eurent vite fait de sortir de leur trou et de pousser leurs pointes vertes vers le soleil.

Mikarena n’en revenait pas de les voir se balancer au vent, se pencher l’une vers l’autre en babillant follement. Comme le soleil brillait de plus en plus fort, elles réclamaient de l’eau, toujours plus d’eau. L’étang n’était pas loin, ce n’était pas difficile de leur en apporter à volonté. Mikarena elle, ne songeait ni à boire ni à manger : l’orange lui avait fait un très grand profit. Quand elle avait vraiment faim, elle touchait dans sa poche l’écorce de l’orange qu’elle avait conservée et aussitôt elle se trouvait ragaillardie et sûre qu’il ne lui arriverait rien. C’était pratique.

Un jour qu’elle s’était un peu endormie, elle se réveilla à l’ombre de deux grands arbres. Les petites plantes avaient tellement grandi qu’elle ne les reconnaissait à peine. Ils chuchotaient entre eux et elle ne percevait que quelques bribes de mots. Quand elle voulut leur apporter de l’eau, ils s’inclinèrent avec élégance :
- Merci beaucoup, dirent-ils, nous puisons maintenant directement dans l'étang avec nos grandes racines.

Mikarena s’assit sur une pierre plate, elle chercha dans sa poche les écorces séchées mais elle ne trouva plus qu’un peu de poussière. Comme elle était trop fatiguée pour aller à l’étang elle se traîna à l’ombre des orangers, qui lui firent place sous leurs rameaux flexibles, mais ils ne portaient pas encore de fruits

Tout le jour elle lutta contre la soif et la faim puis ayant tâté une dernière fois le fond de sa poche, elle y découvrit une minuscule graine complètement desséchée et passée inaperçue. Elle la mit à germer dans son cœur.
Une nuit, le cœur de Mikarena tomba en poudre et sa vie s’en alla.
Au matin, à la même place, deux petites feuilles vertes et luisantes se haussaient vers la lumière.

Micheline.

9.3.05

sur le penchant des jours N11 Conte (suite)

Pourtant après avoir marché longtemps elle se trouva à une bifurcation. Il n’y avait plus de fleurs sur son chemin, que de chaque côté, de profondes ornières creusées par les charrettes des charbonniers. Elle ferma les yeux, interrogea en pensée son petit nuage rose et s’engagea résolument à gauche.

Quand elle eût encore marché longtemps, elle découvrit que cela ne menait nulle part qu’en un endroit de roseaux et de marécages. Elle s’assit pour se reposer un peu.

Un joli canard bleu et vert vint lui chanter la chanson des eaux dormantes. Elle était un peu triste mais contente tout de même d’avoir trouvé un compagnon au plumage si joli.

Il lui proposa de l’emmener dans une maison claire qu’il avait sous l’étang. De toute façon Mikarena savait bien qu’elle ne retrouverait plus son chemin ce soir là et elle le suivit.

Il faisait bon et tiède dans la maison sous l’étang et le canard devint un véritable ami. Elle se blottissait le soir sous son aile pour avoir chaud et y dormait toute la nuit. Au matin son gentil compagnon partait pour ses voyages aquatiques. Il lui rapportait parfois de longues herbes soyeuses ou de jolis poissons d’argent
.
Mais Mikarena s’ennuyait un peu en son absence. Un jour qu’il était partit plus tôt que d’habitude, elle découvrit dans la maison une grosse bulle de verre où l’on pouvait entrer par une toute petite porte de cristal, elle se dit que ce serait commode pour voyager dans l’étang.

Elle pénétra dans la bulle après y avoir fixé un long fil afin de ne pas perdre son chemin et se laissa dériver par les courants, longtemps, agréablement
.
Tout à coup elle s’aperçut avec effroi que le fil s’était accroché à une grosse racine du fond. Il n’y avait plus autour d’elle qu’une faible lumière grise sans qu’on puisse savoir si le jour était fini ou l’aube commençante. Plus aucun signe de vie. Quand elle eût en vain bien tiré sur le fil, elle essaya de le couper avec ses dents, mais il était si solide qu’elle dût s’évertuer pendant des heures à rogner ce lien qui la retenait prisonnière. A la fin le fil cassa et elle s’évanouit de fatigue.

Quand elle reprit ses esprits, la bulle de verre était cassée et elle, elle gisait, toute nue sur un bord sablonneux, en tenant dans ses mains une orange.
(à suivre)

8.3.05

sur le penchant des jours N10 conte

Conte


MIKARENA.


Il était une fois une petite fille qui s’appelait Mikarena. Elle était blonde et bleue comme toutes les petites filles qui s’éveillent à la vie. Ses parents qui l’aimaient beaucoup, la laissaient courrir parmi les fleurs et la terre glaise.

Quand elle eut six ans elle alla à l’école du village. Elle avait un petit tablier noir et des chaussures bien cirées. Elle apprit très bien à lire mais très mal à écrire. Elle rêvait beaucoup trop sur ses pages d’écriture en écoutant la chanson des Grandes et les lettres étaient toute tristes d’être délaissées. Elles se mirent à bouder. Certaines se cachaient dans le pupitre où ça sentait le chiffon mouillé qu’on mettait dans une boîte en fer blanc et qui servait à essuyer la craie des ardoises. Au moment de la dictée il en manquait toujours à l’appel. C’était un drame !

Quand Mikarena eut douze ans, elle s’éprit d’un petit nuage rose apparu dans le ciel un beau jour de printemps. Dès lors elle n’eut de cesse de le regarder car plus elle le regardait plus les fleurs devenaient jolies, mais la terre un peu plus grise, et quand, aux soirs de grand vent, la pluie y versait ses larmes Mikarena commençait à s’inquiéter ; alors, elle serrait bien fort ses paupières. Plus elle les serrait, plus le petit nuage rose lui apparaissait merveilleusement. Il se mit même à devenir tout doré. Un amour de petit nuage.

Quand Mikarena eut quinze ans, le nuage la demanda en mariage. Ce fut une belle journée suivie de longues fiançailles.

Mais la terre, glaise n’était pas contente, elle se collait méchamment à la semelle de ses souliers. Ce n’était pas commode pour aller au bal.

Alors la petite fiancée décida de chercher un chemin de lumière. On lui avait dit qu’en cherchant bien on en trouvait parfois, tout garnis de petits cailloux blancs , propres et luisants..

Elle chercha longtemps, longtemps. Ses parents qui l’aimaient beaucoup la regardaient avec contentement et admiration car ils voyaient bien qu’elle était un peu mystérieuse mais très sage.

Quand elle eut vingt ans elle n’avait pas trouvé le petit chemin de cailloux blancs, mais elle aimait son fiancé par-dessus tout et elle n’était pas malheureuse.

A quelque temps de là, son fiancé mourut. Elle se dit qu’il lui faudrait recommencer sa vie depuis le début.

Elle savait que ce serait très dur, mais la terre glaise redevint son amie, lui offrit son aide, lui donna toutes sortes de conseils tout en faisant éclore pour elle des fleurs de toutes les couleurs, qui sentaient bon et faisaient doux aux yeux.

Un jour qu’elle était allée chercher de l’argile pour modeler un visage loin, loin, dans un sentier humide, elle se perdit.

Une petite fleur bleue qui se trouvait là lui parla et lui indiqua son chemin : il n’y avait pas à se tromper, il fallait aller tout droit toujours tout droit.

7.3.05

sur le penchant des jours N 9

ceci n'est qu'une comptine pour Gaby et David en réponse à cette histoire de Tartine ! mes contes à moi ensuite.
Il était une dame Tartine
Il était une dame TartineDans un beau palais de beurre frais.La muraill' était de farine.Le parquet était de croquets,La chambr' à coucherDe crème de lait,Le lit de biscuits,Les rideaux d'anis.
-
Elle épousa Monsieur Gimblette,Coiffé d'un beau fromage blanc ;Son chapeau était de galette,Son habit de vol-au-vent ;Culotte en nougat,Gilet d'chocolat,Bas de caramelEt souliers de miel.
-
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-
Quand ell' s'en allait à la ville,Elle avait un petit bonnet.Les rubans étaient de pastille ;Le fond était de résiné.Sa petit' carioleEtait d'croquignole ;Ses petits chevauxEtaient d'pâtés chauds.
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Leur fille, la belle Charlotte,Avait un nez de massepain,De superbes dents de compote,Des oreilles de craquelin ;Je la vois garnirSa rob' de plaisirsAvec un rouleauDe pât' d'abricots.
-
Voici que la fée Carabosse,Jalouse et de mauvaise humeur,Renversa d'un coup de sa bosseLe palais sucré du bonheur !!!Moralité :Pour le rebâtirDonnez à loisirDonnez, bons parents,Du sucre aux enfants.
Autre version du premier couplet (choisissez celle que vous préférez) :Il était une dame TartineDans un beau palais de beurr' frais.Les muraill's était de pralines.Le parquet était de croquet,Sa chambr' à coucherEtait d'échaudés,Son lit de biscuits,Les rideaux d'anis.
Fichier MIDI (tartine.mid (7 Ko))
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5.3.05

sur le penchant des jours N 8

Non, les autres ne pouvaient pas comprendre. D’ailleurs les autres, c’était un peu comme si elle perdait pied dans un monde qui se dissolvait autour d’elle, comme une glissade, une dérobade... seuls lui importaient encore ceux qui, par la nature des choses étaient là au bout de sa vue, au bout de sa peau, au bout de sa chair. Collés à elle. Une destinée qu’elle avait elle-même déterminée, sécrétée. Un jour on engage son être dans un chemin irréversible. Mariée pour construire, faire avec, tisser de l’humain, envers et contre tout. Mariée. Mère de deux enfants sans autre boussole que ce que son être contenait de bonne volonté, d’amour et d’intelligence.

Ce manuscrit qu’elle avait porté chez Castor Astral, c’était vraiment un faux passeport pour un pays alibi où elle ne devrait pas vraiment aller. Seulement, se distraire un peu, reprendre souffle, voir des gens, écouter des gens. Ils sont si gentils, ceux qui vous lisent, si près de comprendre, si accueillant des touristes littéraires ! C’est ainsi qu’elle avait fait aussi par le plus grand des hasards un peu de tourisme sur des terres tout à fait hospitalières de l’APA.

Là on avait lu son texte et on l’avait même trouvé bien. D’une certaine façon, elle était comme devenue auteur. Auteur non édité, auteur tout de même au sein d’une famille pas comme les autres.

Une famille dont le principal but n’était pas de se démarquer, de faire du neuf, du jamais vu, jamais osé, à coups d’artifice ingénieux mais de sauvegarder ce qu’il pouvait y avoir de plus vrai, de plus sincère dans les écrits spontanés et personnels de tout un chacun.
Et puis elle se mit à écrire quelques contes, des contes qui racontent aussi son histoire

4.3.05


Fanny:sa passion pour les chevaux Posted by Hello

3.3.05

sur le penchant des jours N 7

Depuis le « Familles, je vous hais » de Gide, depuis Mauriac, depuis Bazin, on avait déversé tant de réprobations, accumulé tant de suspicions, que leur poison polluait les gestes les plus simples, les plus authentiques : ceux qui scellent la solidarité des générations qui transmettent le savoir, l’expérience pour ce qu’elle est, une ébauche à partir de laquelle on peut sans soumission ni domination, construire de nouveaux chemins. Elle avait cru cela possible. Où était donc la faille ?

Mais les jours s’écoulent, la vie continue, on continue à bricoler la vie, à bricoler cette préparation où Miny s’investit malgré elle, retrouvant des plaisirs perdus parce que devenus inutiles aux autres, incapables de tisser des liens. Pour elle, l’exercice de la pensée est un acte d’amour, un partage fécond, une solidarité vivifiante, non de stériles abstractions.

Bref, on finit par arriver au terme. On finit toujours par arriver quelque part. Son rêve de la nuit, elle y croyait sans y croire. Comment croire à un rêve qui pourtant tant de fois l’avait avertie ? oui, reçu, admis à entreprendre une vraie formation cette fois.
Un soir un coup de téléphone confirmait le présage.

Miny et Paul s’embrassèrent. Paul déboucha une bonne bouteille. Et tout le soir ils furent heureux pour lui.

Le lendemain dès l’aube Miny fit taire une petite voix qui lui disait : ils l’ont enfin pris au piège. On verrait bien. Il fallait qu’elle s’arrête de penser à lui.

Elle n’avait plus qu’à s’occuper d’elle, du petit coup de téléphone à Sophie, du rhume de Célia, du petit bobo de Renaud. Et puis aller rechercher son manuscrit refusé chez Castor Astral.

Ce sera seulement une petite promenade. Miny et Paul sont allés tous les deux à la recherche de la maison d’édition à Pantin ; c’est une petite maison de banlieue pauvre, grise et discrète. C’est lui qui sonne. Puis il fait quelques pas à l’écart, ces histoires qu’elle écrit, ce n’est pas vraiment son affaire. A la vitre ouvrante d’une porte, se profile une ombre indécise.
- Je viens chercher mon manuscrit.

Ça a l’air de le déranger un peu. Il ouvre et semble émerger d’un autre monde. Une sorte de jeune chien noir et hirsute qui viendrait d’ailleurs. Il a comme une petite attitude d’excuse en lui tendant le paquet.
Elle s’enhardit un peu :
- Sans doute faut-il tirer un trait sur tout cela ?
- Oh, vous savez, c’est tellement subjectif... Ce n’est pas moi qui ai lu : il feuillette un peu... ça a l’air bien écrit...

Paul et Miny marchent sur l’avenue sans rien dire. Bien sûr ce n’était qu’une petite vanité stupide : se voir imprimée dans un livre, quelle sottise !
Elle s’était laissé piéger elle aussi : sa vie, son histoire, elle avait failli la prendre au sérieux, comme tout le monde. Pendant des jours, elle avait soulagé son coeur, dégorgé ses pensées, essayé de voir clair dans le fouillis de ses idées. Elle avait eu besoin de comprendre ce qui lui était arrivé, de donner à comprendre aussi, pour qu’on l’aime pour ce qu’elle était, mais surtout, elle avait cru son expérience utile aux autres. Ne plus recommencer les erreurs qu’elle avait commises, même si elle pressentait que les chemins sont toujours différents, les truquages du sort toujours imprévisibles.

Et tout de même, elle était contente aussi d’avoir écrit tout cela, de savoir que son passé était là, à l’abri entre les pages, et qu’elle pourrait quand elle le voudrait retourner se promener dans sa vie, demander aux mots de raviver les images, de réveiller les émotions. Ses foyers de vie, ses misères, ses désespoirs, ses hontes même, c’était à elle, elle n’avait rien d’autre, c’était son fardeau de mémoire, précieux comme une récolte menacée, le bon grain avec l’ivraie. Et c’était bien dérisoire d’avoir espéré un regard complice, complice de ce qui faisait encore bondir son coeur, comme au temps de ce tenace effort de vivre qui peu à peu s’usait avec les jours.

Comment pourraient-ils voir ce nid de mésanges, du temps où elle avait six ans, sept ans peut-être ? un nid comme tous les autres, caché dans un coin de haie, mais juste à la hauteur des yeux, juste à la portée d’une petite main d’enfant,… ces petits becs ouverts et qui piaillent de faim et ces parents qui n’en peuvent plus de sillonner le ciel ! Elle avait donc déposé tout près du nid une petite boite en fer blanc avec de la nourriture dedans. Et les parents, pris de peur les avaient abandonnés ! Pour Miny, c’est plus qu’un souvenir poignant ; des petites vies d’oiseaux perdues, ça ne se compte plus. Ça ne compte guère même ; ce qui lui reste, c’est une sorte d’émotion diffuse qui émane d’un tableau : la haie de charme taillé, le luisant des feuilles nervurées, l’écorce brune du rameau fourchu, la porte du jardin et ses lattes de bois délavé, le petit raidillon de terre et de pierraille qui y conduit, et l’allée qui file à l’ombre du grand cerisier, un beau jour de printemps. Au milieu, une sorte de soleil noir, une tache... et puis un jour d’automne, la haie arrachée, un affreux trou béant, une autre mort.

Son père avait osé. Sans rien lui dire.

26.2.05


ou faire la dînette..! Posted by Hello

on peut encore danser? Posted by Hello

sur le penchant des jours N 6

Quand elle pourra, elle se laissera mourir tout doucement puisqu’une vie de mère, ce ne peut être qu’un cordon ombilical à couper sous peine de noirs forfaits. Pourquoi est-ce si long à venir ?

Elle finit par s’endormir, par entrer dans le monde des rêves qui lui révèlent des secrets, lui offrent des clés pour quelque paradis perdu, quelques violentes bouffées d’amour pur, comme elle n’en a jamais connu au grand jour, des tendresses érotiques à vous fondre l’âme et le corps, de lumineux symboles éclos de la fièvre et du sang :

« Un saut dans le vide, un enfant dans les bras, elle descend :-‘ ferme les yeux mon petit, c’est la forêt profonde qui va nous engloutir.’ Non, une toute petite clairière est là, toute nue, toute propre, un cheval nous attend. Voilà, il suffit d’écarter les jambes pour y tomber doucement à califourchon. » C’est tout. Une belle histoire. Mais souvent, ce sont des images qui s’effilochent au réveil, une débauche d’absurdités dont on ne peut extraire un petit brin de sens. Une cocasserie parfois, mi-figue mi-raisin : ‘ un plan de devoir, une structure de français mise à cuire dans une cocotte-minute, avec quelques pommes de terre autour !’ : Les deux nourritures ! pour son fils ! puisqu’il a décidé de préparer un concours et qu’il lui a demandé son aide.

Pourquoi a-t-on mis encore des bâtons dans les roues d’une machine qui commençait à rouler toute seule : un métier qu’il dominait grandement, des loisirs, des copains fidèles et sans histoires. Une petite amie.

Trop beau, trop simple. Il pouvait être beaucoup plus rentable, ses chefs l’avaient un peu poussé aux reins et il s’était laissé piéger. Mais non, c’était simplement pour voir, pour s’amuser, pour rire... faire plaisir à son père peut-être ..et sous-jacent sans doute, relever un défi, celui des ambitions perdues, des fausses routes amorcées,.

Collaborer avec sa mère, pourquoi pas ? On avait fait toujours cela dans le passé puisqu’elle avait été enseignante. A elle l’expression écrite, à lui les raisonnements mathématiques ou scientifiques où il était plus à l’aise. Miny ne demandait qu’à se laisser piéger aussi, qu’à lui offrir les nourritures jusqu’à ce qu’il puisse se passer d’elle, plus tard, plus tard...

Mais quand elle le vit s’engager dans le jeu de qui perd gagne, comme dans le passé, elle se défendit mal d’un malaise trop connu, elle retrouva ses irritations sournoises, ses incantations muettes ponctuées de paroles abruptes en face de ses dérobades à lui, de ses blocages, de ses persiflages, de ses provocations.

Ses parents, il aurait voulu qu’ils soient là sans être là, ne rien leur devoir de ce qu’ils lui offraient avec joie, n’être tenu par aucune discipline. Il oubliait les rendez-vous, perdait les papiers commencés, les documents, affichant une désinvolture péremptoire. Alors, elle l’avait injurié. Un gifle morale, de celles qu’elle n’avait peut-être pas su lui donner quand il était petit : tu n’es qu’un petit salopard prétentieux et stupide.
Alors, il l’avait regardée avec stupeur. Et il avait dit :
- Qu’est-ce que tu me fais ?
Et il était parti comme un somnambule.

Miny était restée sonnée, hébétée par les paroles qui lui étaient venues du fond de sa souffrance.
Du mal, vous vous faites du mal, avait dit Paul.
Comment ne pas se faire du mal quand les fils du donner et du recevoir s’embrouillent si fort dans la pelote aux dépits d’amour ?

Puis elle avait pleuré bien sûr et retourné toute la nuit les sempiternelles questions, affronté les réponses brandies par tous les experts en vérités cachées. Les parents, les mères sont les grands responsables, les grands coupables avec leur amour étouffoir, avec leurs désirs insensés, leurs projections de sottes ambitions, avec leurs désirs, leurs tyrannies d’amour. Elle lui avait bousillé la vie depuis le début. Une vraie femelle qui avait voulu avoir des petits pour se transmettre, pour se racheter à travers eux, pour conduire leur vie parce qu’elle avait mal conduit la sienne. Tout ce péremptoire des vérités psychanalytiques qu’elle n’arrêtait pas d’interroger sans arriver à démêler le faux du vrai.

Non, elle n’avait rien voulu pour lui, que respecter sa jeune liberté, que lui offrir les meilleures conditions de son épanouissement. Trop de laxisme alors ? Le mot aussi était à la mode, on se souvenait de mai 68. Il avait dix ans alors.

24.2.05

mimosa


Catherine, ma fille....ce 23 02 05 aussi beau que la neige?

sur le penchant des jours N 5

Donc Miny était revenue avec la ferme conviction que ce serait le dernier Noël où elle prendrait quelque initiative de ce genre. Elle n’avait qu’une fille paillasson, un fils veule, enfermé dans de dissolvantes contradictions, tant pis, il faudrait bien se résoudre à ne pas les aimer si fort. En attendant, laisser quelques jours, quelques nuits passer afin que se gomment ces excessives douleurs, ces jugements excessifs.


Miny avait toujours été excessive, en décalage avec tout, pas comme les autres, lui avait dit un jour sa mère, non sans quelque indulgence. Ma petite mère, répétait-elle maintenant de plus en plus souvent. Un soupir à haute voix qu’elle évitait de justesse si une oreille indiscrète traînait à l’entour, une vraie respiration de tendresse enfantine, un appel au secours sans raison, sans écho possible, comme elle se laissait aller à dire de Paul, tout haut mais en aparté, il est con, à propos de petites choses sans importance : le lavabo rempli à ras bord et qui débordait au moindre mouvement, le frigo resté ouvert interminablement, son habitude de nier une évidente déplaisante, des petites choses sans conséquence qui vous agacent la vie, des reproches qui finissent par devenir des rituels stupides, sans entamer une vraie tendresse accumulée par la force des choses, le poids du temps vécu ensemble.

Elle lave la vaisselle. Il débarrasse la table. Elle lui met à chauffer son pyjama sur le radiateur. Il lui dépose son livre sur la tablette près de son lit. Tant de gestes qui dans leur chaude banalité rafistolent la machine quand elle s’enraye.

Ce qu’elle n’arrive pas à cerner, à éclairer, est cette boule de noir chagrin où sont enfermées des pensées vivantes, les questions, les schémas de réponses, des hypothèses, des plans de bataille, et la souffrance et pourtant ce petit contentement d’espérer, quand elle va se mettre au lit, qu’un poids va s’alléger puisqu’elle a rendez-vous avec elle-même, puisque ses enfants, elle les aime à jamais et qu’elle leur veut un bien qu’elle ignore encore, un bien énigmatique mais où elle a forcément quelque chose d’elle-même à inclure.

22.2.05

Au fil des jours N 4

Renaud, il n’est pas très à l’aise d’être venu là avec son pouce cassé qui complique tant son existence compliquée. Sophie, elle, y met du sien ; elle se met en quatre pour tout concilier, pour partager les plaisirs de l’eau avec les enfants, avec son frère, et rester au service de Renaud. A son service c’est bien naturel, puisque c’est un grand blessé et qu’il n’est pas question d’abréger quelque peu une toilette méticuleuse et tatillonne, de prendre quelque liberté avec l’harmonie des couleurs de son tee-shirt, de son jean et de ses chaussettes. Il est là debout, en surveillance tendue de ce qui va arriver à son pantalon que repasse Sophie. Il s’impatiente, proteste, indique un imaginaire faux pli et cela dure, insiste. Sophie se tait, s’applique ; voilant un regard à peine furibond.
Entre le homard grillé du réveillon languissant et la coupe de champagne, rien n’avait fusé de la joie escomptée. Le lieu était banal, - quelques gens extradés des festins de famille s’ennuyaient gentiment, - Miny, tout de suite, sentit le froid des erreurs de parcours, des sentiments obscurs. Les deux adolescentes attablaient leurs gestes poliment ennuyés, Bruno, le regard limité au cercle de famille, faisait figuration gentille, l’âme perdue en d’incertains regrets. Et pour une vétille se révéla le désastre des coeurs : Renaud de son geste en poupée fait un geste frimeur vers une fille esseulée à la table voisine. Le message est reçu. Il faut bien qu’on le plaigne. Sophie hait, Sophie souffre. C’en est fini de la calme apparence. Le visage ravagé délivre un mal imprévu. Miny sent aussitôt tout son sang qui se glace, des larmes affleurent qu’il faudrait retenir. Beau réveillon ma foi !
L’atmosphère s’était encore chargée au moment du départ, Renaud avait exigé que Sophie avançât son départ à cause du pouce à déplâtrer. Sophie avait refusé. Sophie avait cédé, Sophie s’était levée dans le petit matin, avait réveillé toute la maisonnée, avait réquisitionné son frère pour aller à la gare, afin de rejoindre celui qu’elle avait laissé partir quelques heures plus tôt, puni comme un enfant. Comme un enfant il ne pouvait attendre de savoir si vraiment on l’aimait. Les autres de la famille étaient grands, ils se débrouilleraient bien pour plier bagage, fermer la maison, faire la route. On avait échangé quelques paroles amères.

19.2.05

sur le penchant des jours N 3

Mais il y a en elle comme un vague malaise. Recommencer à lui offrir un appui, une collaboration. Pour ce que cela a donné dans le passé ! Mais lui ne sait pas renoncer. Elle ne sait pas dire non. C’est ainsi. Comme une petite flamme s’élève en elle. Elle va essayer d’être utile encore ! Comment peut-on être utile à son fils, son fils qui a trente ans passés ?
Paul vient d’arriver. Elle lui retire une épine du doigt, il est très patient, sa main est dure, ronde et pattue, crispée. Comme ça. Comme d’habitude. Parce qu’il a toujours les muscles un peu tendus. C’est pourquoi il ne peut pas fermer une porte sans la claquer, arrondir prestement un geste pour recueillir un éternuement. Ça continue à l’agacer qu’il soit si peu soucieux d’élémentaires bonnes manières.
On rentre sans encombre.
Il s’agit maintenant de laisser s’engager doucement la nouvelle année comme une roue libre en terrain plat. Lire des textes pour Bruno, - réajuster ses vieilles connaissances avec les nouveaux courants d’idées. Les problèmes d’une civilisation galopante, cela la concerne encore. Elle va ranger ses grimoires, ses souvenirs encore lourds des semaines passées.

Miny avait essayé cette année encore de refaire un Noël, de rassembler au creux des jours noirs de l’hiver, les brins d’amour éparpillés, d’élaguer l’arbre des Noëls passés si chargés de cruels rendez-vous : la mort du père, juste au moment où on allumait, sans rien savoir, les bougies pour les enfants ; celle de René, ce cousin de vingt-cinq ans endormi dans la nuit froide, au revers d’un fossé, dans sa voiture ; celle de la petite Rose, quinze ans, fauchée sur le bord de la route, alors qu’elle apportait les cadeaux du réveillon, et puis tous les Noëls endeuillés d’une mort annoncée : trois mois, six mois...celle de Ginette sa soeur bien-aimée, son gendre emporté par l’implacable cancer.
A Noël. Pour Noël. Juste pour Noël. A vous faire devenir superstitieux devant ces ricanements du destin.
Mais Miny n’était pas superstitieuse. Elle avait en elle comme une naïve conviction qu’on peut toujours faire quelque chose à contre-courant du destin, bricoler la vie. Elle ne vivait que des souffrances de l’optimisme. Un optimisme tragique. Quelque chose comme ça pour ce Noël. On changerait de cadre, élargirait le groupe tout en le resserrant dans un joli cottage tout neuf, tout vierge de souvenirs, dans ce coin de Normandie où venait de s’implanter une nouvelle réalisation du tourisme galopant : des bungalows en pleine forêt pour faire croire aux espaces odorants et libres. Au centre, un paradis exotique en forme de bulle pour faire croire aux eaux tièdes et claires, aux perroquets heureux dans une nature clémente.
On aima tout de suite les arbres joliment squelettés par l’hiver encore doux, l’eau paresseuse au bord de la pelouse, où vibrait à la moindre miette de pain, l’éventail fléché d’une troupe de canards bleus et gris.
Trois générations regroupées là pendant une grande semaine à tenir en équilibre et en liberté. Célia, treize ans et son amie préférée, Julia... à perte d’eaux bouillonnantes dans les rivières enchantées, leurs débordements d’adolescence foisonnante, pleins de cheveux mouillés, de baisers oubliés, de chocolats volés, de tendresses et de dents dures. C’est qu’elle est présente Célia, - volontaire et hardie, d’un amour impitoyable pour sa mère, d’une agressivité passionnée pour Renaud, qui a remplacé son père décédé, d’une affection pointilleuse pour Bruno, son tonton, son Titi. Et pour Julia, tout un fleuve souterrain de connivences sans défaut. Miny l’aime au plus profond de son coeur et se défend mal de se demander si elle est payée de retour. Elle a réservé la meilleure chambre à Sophie et Renaud, la plus jolie pour qu’ils soient contents car de son contentement à lui, elle n’est pas très sûre. Sous ses bonnes manières, sa politesse, il y a comme un imperceptible retrait qui l’empêche de le tutoyer comme un vrai fils.

18.2.05

sur le penchant des jours N ° 2 (suite)

Le jour est venu. La température est remontée en douce au-dessus de zéro. Il va pouvoir tailler ses rosiers, couper ces grandes branches baladeuses devant la fenêtre, comme abandonnées au vent d’hiver. Ça fera plus propre, plus convenable pour le sommeil hivernal. Elle est contente qu’il soit allé mettre de l’ordre sur le mur avant de partir. Elle hésite un moment avant de venir renouer une conversation avec elle-même, commencée la veille sur de vieilles feuilles jaunies d’anciens cahiers : elle a des pensées qui l’embarrassent mais qui lui tiennent à coeur .
Non, elle commence par faire la vaisselle par une sorte de méfiance qu’elle entretient aussi avec elle-même.
Maintenant, tout est à peu près en ordre. On a tiré hier deux cent vingt-sept bouteilles de cidre qui va se faire gentiment en leur absence, comme il pourra, dans la cave. J’espère qu’il sera bon cette année.
Elle jette un coup d’oeil par la fenêtre. Elle le voit emporter une grosse brassée de branches de rosier. Il a son vieil anorak bleu marine, son béret, sa grosse écharpe. Il va déposer son fagot sur le tas à brûler, dans le champ du gros Louis, nom qui lui est resté de son ancien propriétaire. Ça fera plus propre. La grosse volée des pigeons des voisins froutte au-dessus des pommiers.
J’avais pourtant bien dit que j’en garrotterais un. Mais non, tu n’aurais pas pu. Ils sont vivants. Un peu agaçant tout de même à salir notre toit, à tondre nos épinards.
Elle s’assoit à la table, retrouve les feuillets d’hier, sa vie parallèle d’où tombent les branches mortes de sa rumination mentale, des branches mortes mais aussi de très vivantes, abattues par les vents de Noël et du jour de l’an. Ça fait un bon feu, un grand feu même où rougeoient des tiges de volonté et d’espoir tenaces, d’interrogations sans réponse, de pernicieuses flammes d’amour, de doute et de rancoeur. Et sûrement un goût de cendre. Bon, elle a un peu dégorgé sa bile et ses amours. Elle a froid aux pieds. Le ciel est gris. Paul doit ranger ses outils. Elle range ses papiers et ses mots, ses pensées dans un drôle de nulle part.
Ils vont charger la voiture, fermer la maison, rejoindre la ville pour le reste de l’hiver.
En arrivant, elle téléphonera à Bruno. Il y avait quelque chose d’un peu figé hier soir, d’un peu caillé au bout du fil. Un court dialogue englué de précaution. Il a dit : « je rentre de Rochefort, vous revenez ? »
- oui, bientôt, tu as besoin de nous ?
- et toi ? Quand ? non. Bon, on verra. Tchao.
Ces glissades de langage, elle les connaît mais s’y habitue mal. A sa fille aussi elle téléphonera. Elle a encore froid aux pieds. Elle range un peu. Faire réchauffer le poisson d’hier, un peu de vinaigre sur les poireaux. On ne verra pas le soleil aujourd’hui mais il n’y a pas de brume - ça ira pour rouler. Il vaut mieux partir aujourd’hui, même si rien ne presse. Même si Bruno a dit j’ai encore des maths à réviser. Pour le français, quand tu voudras. Mais elle ne peut s’empêcher de croire que c’est urgent d’être près de lui, ne serait-ce que pour conforter sa volonté de mener à bien cette préparation de concours qu’il a entreprise pour améliorer sa situation à la SNCF. Et puisqu’il lui a demandé son aide.

17.2.05

Sur le penchant des jours

voici le début d'un roman à peine fictif:
Sur le penchant des jours

Des jours si menus quand mincit la trame de vie pourtant encore en bon état.
Miny s’est levée ce matin à huit heures. C’est tard pour son habitude. Elle a donc bien dormi malgré la petite plage d’éveil du milieu de la nuit dont il ne lui reste rien de très pénible, quelques interrogations sans réponses dans une mémoire embrumée.
Elle est venue lui dire bonjour dans le fauteuil où il lit en attendant que le jour s’éveille puisque c’est le coeur de l’hiver et que de toutes façons, même si c’est l’été, il doit commencer par lire quelques pages, à peu près toujours celles d’un roman policier, d’une revue où griffonner quelques grilles de mots qui restera inachevée pour peu qu’une petite difficulté surgisse. Non, il ne s’énerve pas pour cela. Il attend tout doucement que la machine se mette en route. Elle vient l’embrasser. - Bien dormi ? - Oui, assez bien.
Elle va dans la cuisine. Son bol est près sur la table. Il ne reste que deux petits pains grillés, tant mieux, elle a trop mangé ces temps derniers. Mais elle a déjà regardé le thermomètre : moins deux. C’est l’occasion d’une petite pensée acrimonieuse. N’a-t-il pas déclaré hier qu’il ne gèlerait pas puisqu’il faut qu’il taille ses rosiers.
- Tu as regardé le thermomètre ?
- Oui, cinq au-dessus.
Bon, c’est toujours comme ça, l’évidence, il ne connaît pas. Il a vu cinq au-dessus, en toute bonne foi. Et c’est reparti, elle y va de ses petites phrases qui se sont peu à peu dépouillées de leurs gargouillis douloureux : tu vois comme tu es, tu ne veux pas voir le réel... Tu ne vois que ce qui te convient... C’est drôle tout de même...
Il s’approche : bon anniversaire ma femme ! Ah ! oui, c’est le trois janvier, trente neuf ans aujourd’hui qu’ils se sont mariés. Ils s’embrassent.

15.2.05

je ne me suis pas encore présentée

je ne me suis guère présentée dans mon "Profil"je n'aime pas beaucoup me ranger sous des étiquettes,alors voilà je vais essayer de donner quelques aperçus d'actualité:
je suis une vieille personne du 4ème.âge dont l'histoire a traversé le siècle dernier. A la fois faible et volontaire,curieuse de nature, passablement transgressive...en pensée!!! je me suis formée à l'informatique ,au moment de ma retraite,par mes propres moyens,un peu de bric et de broc, at avec l'aide des conseils de mon entourage plus jeune.
L'évènement le plus récent est ma rencontre avec Julie et la naissance d'une amitié tardive et inattendue.
A l'occasion d'une rencontre à l'APA(association pour l'autobiographie)nous avons,Julie et moi , échangé nos journaux. j'ai trouvé dans les siens une mine de témoignages humains très émouvants. Elle a lu les miens avec sympathie. Elle m'a ouvert une fenêtre sur la création d'un site et son fonctionnement , moi sur quelques secrets de la langue française qu'elle ne maîtrise pas entièrement.Mais en ces sortes d'affaires, rien n'est simple. Ma mémoire devient de plus en plus paresseuse.Et elle, a-t-elle à gagner à traduire en français réglementaire, les mouvements d'une pensée imprégnée de cultures diverses?en tout cas merci à elle de m'avoir redonné l'envie de communiquer autrement et peut-être de retrouver des traces perdues par l'éloignement et les aléas de la vie .Des noms ,des lieux feront peut être écho dans quelques mémoires.....ou dans celles de leurs descendants( Brienne Le Château,Troyes, les Maupas,Jeugny,Rimaucourt , JeannetteVacher,Libermann,Pagès,kaïm, romain Rolland...Drancy , Férrié,Simonne Gautier,Radlak madame Henri, Maugard..........et tant d'autres! Qui sait?

13.2.05

Voilà à quoi sert

Je viens de lire tes mots chaleureux et aussi j'ai recu ceci :

Chere Julie,Mieux vaut partager ses petites et grosses peurs sur
son blog
plutot que dans un cahier.Quand on recoit un "echo" des autres,
on
se sent
tout
de suite soulagee.Je vous embrasse et espere
sincerement
que votre
appart est
sec, a present!

yaelz said... 13/2/05 17:15

c'est vrai, c'est quand même autre chose que de l'enfuir dans un cahier et se mettre au fond du lit


12.2.05

mes petits objets

rescapés de plusieurs générations ils ont tous une histoire
je la raconterai à mes enfants
maison Posted by Hello

encore un essai  Posted by Hello

Que dis-tu Micheline, déjà en terre et illuminant mon entrée. Et en plus, (mais je ne vais pas en profiter) je peux t'envoyer des entrées sur ton propre blog. Juste pour essayer, comment cela marche. Tu vois, ça roule ! Julie70 Posted by Hello

Texte 1 de Julie

Savais-tu, Micheline, à quoi tu t'exposais ?
Tu m'as donné le droit de ajouter des entrées à ton tableau de bord, Julie

c'est beau les vacances Posted by Hello

petit sourire Posted by Hello

Il y a de la vie apr�s 70 ans

Il y a de la vie apr�s 70 ans: "Des vers qui me touchent
'Qu'est-ce que �a m'saoule'

'Qu'est-ce que �a me saoule
De faire semblant
Je trouve plus �a cool
Qu'est-ce que j'attend'

par Durell N. Moriarty, vous pouvez le voir en entier."

Tiens ce que je viens de trouver chez Julie, me plaît.

visite de Julie

Je suis fort heureuse de travailler avec
Julie

10.2.05

ne vous fiez pas

à l'eau qui dort
au soleil du matin
aux yeux doux d'une femme
aux promesses d'un ivrogne.....

jeudi 10 février 05

c'est le nouvel an chinois

9.2.05

mardi 8 02 05

pas assez dormi cette nuit ,j'ai rêvé qu je découvrais avec déception que les rapports sexuels se faisaient par un petit trou sur la cuisse et non comme je le souhaitais!

8.2.05

formules qui traduisent l'espoir

tant qu'il y a de la vie il y a de l'espoir
l'espoir fait vivre
d'un mal il sort tojours un bien
tout vient à point à qui sait attendre
après la pluie le beau temps.....

qui continue la liste?

08 02 05 suite

après les vapeurs de la nuit arrivons aux choses sérieuses, j'ai cherché pour julie quelques formes idiomatiques françaises pour dire son indifférence:
ça m'est égal--ça m'est bien égal --je n'en n'ai rien à faire--rien à cirer --ça me laisse froide--j'm'en fous--j'e m'en contrefous--j'm'en bas l'oeuil--j'm'en balance..etc..
qui trouve une suite?

7.2.05


confidence Posted by Hello

6.2.05


mise en bouteille Posted by Hello

2ème collage:le cidre en bouteille


j'essaie encore Posted by Hello

Fanny

omment mettre le texte à côté de l'image
j'essaie encore Posted by Hello

5.2.05


voici ma petite fille fanny Posted by Hello

je vais peut-être arriver à envoyer cette photo Posted by Hello

je vais peut-être arriver à envoyer cette photo Posted by Hello

3.2.05

c'est un jour comme un autre

sauf que mon amie Julie est venue me voir .....pour m'initier aux mystères de l'informatique!!!!
je veux la remercier.

c'est l'été à Dammartin Posted by Hello

Il y a de la vie apr�s 70 ans

Il y a de la vie apres 70 ans voila le blog de ma copine Juli si cela vous interesse

mon premier essai de collage


l'ai-je bien réussi? Posted by Hello

voici mes voisins BELO Posted by Hello

le wagon à dammartin Posted by Hello

la voila Posted by Hello
voici la photo de ma cousine Paule Posted by Hello