2.7.09

Les Journées de L'Autobiographie


Rendez-vous nationaux APA

Vendredi 3, samedi 4 et dimanche 5 Juillet, Ambérieu en Bugey :
Journées de l'autobiographie
thème : Carnets de voyage
Espace 1500, 01500 Ambérieu en Bugey

pour tout renseignement cliquer sur le titre

30.6.09

les voyages organisés ....(fragments)

Du 13 au 19 Mai 1985. La Bretagne sud.

Nous avons vraiment beaucoup voyagé cette année là.
Nous commençons par un petit pèlerinage sur des lieux de vacances d'autrefois, à la rencontre d'amis
................................................................................
Mais ce n'est pas fini.

Le bouquet, ce sont les retrouvailles des anciens du S.E.S.(service électrique signalisation sncf) avec lesquels nous avons rendez-vous à Sainte Anne d'Auray, pour le vrai tourisme : les repas-banquets pour groupe compact - 66 personnes - les kilomètres en car - Quiberon, Belle Ile, Carnac, Auray, Vannes et le Golfe du Morbihan en bateau. L'Ile aux moines, la pointe Saint Gildas, le château de Josselin, Rochefort-en-Terre et enfin Redon où nous reprendrons le train du retour.

Je n'ai pas tenu le choc. J'ai craqué le dernier jour. Au petit déjeuner, devant "les autres" ! Mon ennui que je tenais en laisse depuis le début a subitement bondi de derrière mes sourires forcés, mes paroles de gentillesse et de politesse.
Comment font donc ces gens ? Je ne sais si je les méprise ou si je les envie. Je voudrais pouvoir les ignorer.
D'où sourd cette énergie dévastatrice des larmes tandis que je bâillonne de justesse révolte et sarcasmes : je hais ces grosses charretées moutonnières de touristes entassés dans les cars, bouffant du paysage parmi les rires et les grosses blagues, l'ambiance surchauffée des repas gorgés de vins et de victuailles. Les Hourra pour le cuisinier, pour le chauffeur, pour le gentil accompagnateur ! Les fronts luisent parmi les claquements d'assiettes et le tourbillon des serveuses. Les conversations ronflent : le vin, les sauces, les enfants, les maladies, le temps qu'il fait, se font un chemin cent fois recommencé pour habiller de vains bruits, ces jours de fête. Battez tambours ! Résonnez trompettes !

Je reviens avec mon âme toute bosselée et décolorée. Suis-je seulement fragile, insuffisante, capable seulement de regarder le monde se défaire autour de moi, au bord de mon trou, solitaire comme un grillon qui voit mourir l'été.
Comment faire ?
Cent fois je recommence : est-ce ma faute ? Est-ce la leur ? Ni l'un ni l'autre je le sais bien. Mais à la charnière est Pierre. Pierre que je ne peux pas laisser avec eux et qui n'est pas avec moi. Comment entre nous deux tirer le trait de douce tolérance ?
J'ai trop besoin d'une épaule. Semblable à la mienne. Complice.

J'aimerais encore quelques petites choses, une amitié sans rupture, sans secousse, une fleur, un arbre, un meuble poli, une naissance qui dépende de moi ; la courbe d'un chemin à parfaire. Dormir quand j'ai sommeil. Me lever avec le soleil. Des livres selon mon cœur. De la musique à petites gorgées. Des promenades à petites foulées. Si possible une parole amie. Et puis tout le reste, ce que j'ai cru savoir, ce que j'ai voulu pouvoir, toutes les routes de l'Asie, tous les sentiers de l'Histoire couchés très loin dans ma mémoire, sans regret, qu'une légère nostalgie. La mer sans les bateaux et le ciel aux oiseaux.

"Et le grand chirurgien devait s'avouer qu'il se serait aussi bien contenté d'être mineur comme son grand-père polonais ".
La colline des solitudes.
Pierre Jakez Helias.

29.6.09

Voyage témoignage

Cuba,
Ce fut une échappée, comme un gros trou de lumière en cette fin d'hiver où le thermomètre venait de descendre jusqu'à moins douze, treize, que notre voyage à Cuba, du 17 02 au 04.03 85.

Les Caraïbes, le soleil des tropiques, Cuba, Fidel Castro, il restait encore un peu de magie, un peu d'énigme dans ces mots malgré ma prudence blasée devant les horizons qui leurrent et j'avais, sans ennui, préparé les pantalons et les robes du soleil, joué d'une petite angoisse fictive, à l'idée de l'aventure en terre si lointaine, accepté l'excitation joyeuse des départs orchestrés par Pascal et Maryse venus nous accompagner à Orly.
Et je n'ai rien eu à dire d'urgent pendant ces deux semaines.
Mes plaisirs, s'ils furent parfois réels, ne furent pas encombrants. Juste un goût du temps qui passe, sans impatience ni regret et parfois la fragile connivence avec la mer si douce, si vivante de ses bleus, de ses verts bleuissant au bord du sable plat, immobile sous le soleil.
Je fus de bonne volonté aussi, pour essayer de cerner au plus juste la vie de ce pays sorti depuis 25 ans à peine de l'emprise coloniale, remodelé par un socialisme généreux mais toujours difficile.
Et puis maintenant que deux semaines sont passées, la grisaille de ce printemps sévère m'enserre à nouveau de ses griffes. Il ne me reste rien de l'air léger, de ma fragile insouciance, de cette parenthèse bleue qui me concerne si peu... que quelques notes.

La Havane.
Hôtel Deauville, immeuble moderne, en front de mer dont il est séparé par une large artère, proche de la vieille ville.
Vieille ville : visite nous deux Pierre. Un clair soleil joue à travers les nuages, anime les vieilles façades décrépites des anciennes demeures coloniales, leurs galeries couvertes, leurs colonnades baroques dont les ocres, les jaunes, les verts, sont tannés de soleil et d'indifférence. Une fine crasse, celle de la pauvreté, sans déchets, ni débris stagne au coin des portes fermées. Quelques arbustes rabougris. Une touffe d'herbe vivotant comme par hasard, çà et là piquée d'une fleur involontaire. Des arbres aussi, verts bien sûr, de ce vert caoutchouc des feuillages qui ne transitent jamais par les saisons intermédiaires; les palmiers sont là posés dans le terre-plein central de la grande avenue du Prado à peine plus vivants que ceux qu'on voit aux dépliants des agences.
Nous trouvons cependant un petit jardin plus souriant et plus ombragé. Des jeunes y passent léchant au fond d'un cornet de fort papier gris de la glace pilée arrosée d'un sirop et que vend, pour 0,20 peso (2F), le seul marchand ambulant que nous rencontrons. Non, il y a aussi, sur un trottoir, un marchand d'omelette. Une simple plaque de métal creusée de deux petites cuvettes : une pour l'huile de réserve, l'autre pour la cuisson. Une bouteille de gaz. A la demande, l'homme casse deux œufs dans un bol, les fait frire puis les enserre dans un petit pain qu'il tend au client. Rien d'autre, ni devanture de boutique ni végétation luxuriante. Déjà m'étonne cette sorte de parcimonie qui devait caractériser toute la première partie de notre voyage jusqu'à Pinar Del Rio.
L'après-midi le guide nous fait visiter un petit magasin pour touristes, attenant à une sorte d'atelier de confection où deux ou trois femmes coupent et cousent des bleus de travail . A Pinar Del Rio, nous verrons la fabrique de cigares : deux rangées de tables sommaires où hommes et femmes préparent, coupent, roulent les feuilles de tabac pour en faire les cohibas (cigare en indien), une cinquantaine de personnes environ qui nous font quelques signes clandestinement pour nous réclamer de menus cadeaux (un briquet, un peu de parfum etc...) Nous achetons des cigares à la sortie, 15 F pièce environ. Vu quelques boutiques sommaires où dans trois mètres carrés s'entassent quelques piles de vêtements.
Notre départ, le lendemain matin, est ponctué d'une pluie légère, tout à fait passagère, suivie d’une brise vive et pourtant douce. Bien sûr nous apercevons la ville nouvelle, ses grands immeubles modernes, ses hautes tours, quelques blocs fortifiés, carrés, témoins d'anciennes défenses contre les pirates, la place de la Révolution, la statue de Marty. Et puis de grands placards portant des slogans que nous nous faisons traduire "Préparons nous à la guerre contre l'ennemi" - "Seul le socialisme peut résoudre les problèmes vitaux de l'humanité" - "Les travailleurs de l'Hôtel Pinar Del Rio feront tout leur possible pour économiser et obtenir la victoire".

D’Ouest en est.

D’abord de longs kilomètres à travers des terres délaissées, des habitations sommaires posées au hasard de terrains vagues et où mènent des chemins de poussière ocre. Les palmiers çà et là étoilent le ciel de leur exotisme conventionnel. Quelques villages lépreux, comme endormis dans une implacable crasse. Ces boyos couverts de feuilles de palmier témoignent du passé, de la grande misère de la petite propriété privée qui constitue encore un tiers des terres cultivées. A se demander si, dans cette contrée de l'Ouest, la vie a bien gagné au change depuis la Révolution. Nous sommes à quelque 400 km de la Havane, à quelque 1000 km de Santiago.
Notre première pause est prévue dans un site plus soigné, avec sa piscine de plein air et son cabaret où nous buvons notre premier "morito" qui n'est autre qu'un punch au rhum blanc avec de la glace, du citron, du sucre, le tout orné d'un brin de menthe fraîche. Le repas de midi a lieu dans une grande salle basse où s'entassent au long des tables-tréteaux, plusieurs groupes de touristes que les cars viennent de déverser en ce lieu de rendez-vous. La "cantine" n'est pas mauvaise et le bruit est bientôt couvert par un orchestre cubain assez endiablé. La bonne volonté aidant, une complicité bon enfant s'établit avec ce folklore de rigueur. Puis sous la houlette de notre guide Marguerite nous regagnons notre minibus.
Elle est bien brave Marguerite, 30 ans, sorte de madone cubaine à l'opulente chevelure cuivrée, aux fraîches formes rebondies. Elle nous informe avec beaucoup de conscience, de toutes les beautés, réalisations et richesses de son pays.
Les paysans ont eu à choisir (?) entre leurs anciennes coutumes et le nouveau statut d'ouvriers agricoles. Ceux qui ont renoncé à la vie rude et fruste ont reçu en échange de leur maison et de leurs terres, un logement dans les H.L.M. qui se dressent çà et là dans la campagne et dont beaucoup sont déjà lavés de soleil ou marqués de moisissures insidieuses, mais il y a la salle de bains, l'électricité, le frigidaire, la cuisinière électrique et le climatiseur. Ceux qui n'ont pas été relogés à titre gratuit paient un loyer représentant 10% de leur salaire. Ils ont aussi l'école, les comités de quartiers, la maison des mariages, l'assistance médicale, la semaine de 44 heures (40-48), le magasin d'état pour les produits de première nécessité, bon marché et avec ticket. Sans doute sont-ils plus heureux que les miséreux d'autrefois ou les esclaves des grandes exploitations.
Les grandes exploitations, nous commençons à nous en faire une idée quand nous traversons l'île dans sa partie centrale, en gros de Guama à Varadero où nous devons finir notre séjour. A la hauteur de la Baie des Cochons, nous voyons d'immenses exploitations agricoles, des hectares d'agrumes, de canne à sucre, des champs de sisal, de tabac, des cultures maraîchères : pomme de terre, haricots, tomates, manioc.
Les salaires de base varient de 1 000 à 4 500 francs, assortis de primes diverses. Des équipes de travailleurs sont détachés pour les constructions urgentes, habitations par exemple, et pour un temps pris en compte sur le travail habituel. Ce sont des mini-brigades non spécialisées. Les écoliers mais surtout les étudiants sont également requis un certain temps dans les exploitations agricoles. Les écoles secondaires et pré-universitaires sont en voie d'être toutes installées à la campagne, les élèves y sont internes et rentrent à la maison une fois tous les quinze jours. Une semaine de vacances par trimestre. Deux mois par an.
Pour les plus jeunes, c'est la maternelle de cinq à six, le primaire de six à onze ans, sept heures par jour, cinq jours par semaine.
Tous portent un uniforme.
On ne voit dans les rues, ni tenues négligées, ni mendiants en guenilles.
Nous traversons la ville de Gardana, avec ses bicyclettes et ses calèches, ses vieilles maisons coloniales, ses cheminées d'usines.
Nous visitons le village indien de Guama. Après trois quarts d'heure de navigation bruyante et nauséabonde, nous débouchons du chenal sur un lac important et abordons au village indien reconstitué : cabanes diverses, cabane du grand chef et son sorcier. Tout à l'entour, des statues d'indiens en fer recouvert de terre cuite évoquent les principales activités de ce peuple disparu.
Déjeuner dans un restaurant "typique", tout en bois et feuilles de palmier. Très belle architecture intérieure en rondins polis et luisants, un escalier central en colimaçon semble servir de support à un immense chapiteau conique.
Libre-service pour les entrées et desserts. Ticket pour viande ou poisson. Frites, salades, fruits à volonté.
Au retour, petite halte à la réserve de crocodiles. Bon bain de mer. Sans les crocodiles bien sûr.
Nous allons à Trinibad le surlendemain de notre arrivée à Varadéro. C'est une vielle ville coloniale à quatre bonnes heures de car. Nous y voyons assez peu de choses : un intérieur de maison, pièce unique sous son chapiteau conique, un orchestre populaire dans une cour close, le musée de la révolution contenant surtout des portraits, des photos, des armes, des vêtements et papiers. Nous entrons aussi au musée des Sciences Naturelles, destiné surtout aux étudiants.
A Varadéro c'est la plage, le soleil, la mer, ses couleurs et ses vaguelettes toujours recommencées, sa tiédeur ; notre bungalow est à deux pas, le cabaret sympa à ras des flots, avec ses petits punchs, son tisseur de chapeaux en feuilles de bananier. Le sable est doux, blanc comme la farine, la mer douce, douce tard le soir. Les petits matins, égrillards, quand le soleil sournois guette dans la brise, le châle ou la chemisette qui glisse d'une épaule.
Notre groupe, réduit de quatorze à cinq pour la dernière semaine a encore éclaté. Claudette et Elisabeth ont pris le large pour leurs déambulations diurnes et nocturnes. Monsieur Verdier fait son footing le matin. A peine, sa complaisance à raconter nous retient-elle à table plus longtemps que désiré.
Vu la villa de Dupont de Nemours, vers la pointe de la presqu'île. Style colonial. Toiture en tuile vernissée verte. Terrasse et balcons de bois face à la mer. Intérieur luxueux, meubles à colonnes de bois noir (ébène), plafonds à caissons sculptés. Propriété du richissime industriel qui mit au point le fil nylon en particulier, confisquée à la révolution, aujourd'hui restaurant de luxe dans les salles d'autrefois.
Quelques vadrouilles dans Varadéro, aux boutiques des hôtels : l'International qui jouxte le nôtre, le Cabana del Sol, dont font partie nos bungalows; le Siboney où nous devions primitivement être hébergés. Les boutiques des hôtels sont réservées aux touristes, on y paie en devises, dollars ou francs. A part tabac et alcool, les prix sont un peu supérieurs à ceux qui sont pratiqués en France, pour des marques françaises : Yves Saint Laurent, Rochas, Cartier.
Quelques centres commerciaux, genre Prisu, offrent à côté des produits contingentés, des articles en vente libre, très chers : une paire de chaussures d'homme 1 600 francs, un frigidaire 20 000 francs, un lit 8 000 francs, une mini-chaîne 1 000 francs.
Qui achète ces choses ?
On terminera par le spectacle folklo-exotique de rigueur au cabaret Tropicana à la Havane. Et l'avion de retour.

voyage évasion

la Grèce
cliquer sur le titre

voyage d'initiation

cliquer sur le titre

27.6.09

RENCONTRE: ce petit chien blanc

video

26.6.09

"Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches" (Verlaine)

je m'éveille

vous dis bonjour

au grand soleil

vous accueille

et me repose

et puis voici des fruits, des branches et...

des livres

"Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous."


25.6.09

24.6.09

21 juin: POUR ACCUEILLIR l'ETE

Comme chaque année ,nous avons notre fête du quartier, ce n'est pas la fête de la ville mais la fête des voisins


un aperçu des préparatifs assurés par des volontaires, jeunes de préférence , pour monter les tréteaux et les toiles protectrices

le coin des grillades
tard le soir encore des grillades ou des sardines
très informel on s'attarde

ou on se prépare à danser


23.6.09

Remaniement ministériel :

Candide reçoit Fernand Reynaud à l’Elysée

Candide : -Rien ne sera plus jamais comme avant !
Cette grande dette publique qui nous ruine en intérêts à payer sans pouvoir la rembourser !! on va lui faire la nique ! on va faire un autre emprunt, un grand emprunt national.

Fernand Reynaud : - moi j’ai jamais emprunté, j’suis qu’un pauv’ paysan

Candide : - On va investir, financer des grands travaux, ravaler les monuments publics, construire de grands périphériques, repeindre la tour Eiffel en rouge, restaurer les ponts de Paris, nos grandes cathédrales construire de nouvelles mosquées, de nouvelles prisons pour donner du travail aux chômeurs. Ce n’est pas le travail qui manque.

Fernand Reynaud : -Ah bon ! mais comment on va les financer ?, la France vit déjà au dessus de ses moyens qu’j’ai entendu dire.

Candide : -Mais avec ce grand emprunt national

Fernand Reynaud : -Alors on s’endette à nouveau ? et à qui on va emprunter ?

Candide : -Aux organismes financiers, c’est fait pour ça ou auprès des Français

Fernand Reynaud : - Mais c’est qui les organismes financiers, y sont pas français ceux là ? faudra bien leur payer des intérêts ? notre dette va recommencer à enfler ?

Candide : -Ben on fera un autre emprunt pour rembourser. Pas difficile hein ? Il faut être malin !
Autrement c’est peut-être mieux d’emprunter aux Français …faut réfléchir. Il y a sûrement des bas de laine dans les fonds de tiroirs.

Fernand Reynaud : -Et comment on les remboursera ceux là quand on en aura marre de payer des intérêts, au- dessus de nos moyens ?

Candide : -On pourrait faire un moratoire

Fernand Reynaud :- c’est pas la même chose qu’une banqueroute ?

Candide : -non une façon de ne rien rembourser !ou une façon de se rembourser à soi-même ce qu’on s’est emprunté à soi-même.

Fernand Reynaud : -Pas sûr que les bas de laine vont marcher dans la combine.
Ça serait-il pas mieux de planquer les bas de laine ailleurs ?
Y paraît qu’il y a des paradis fiscaux pour ça ?

Moi j’suis qu’un pauv’paysan, mes parents y m’ont toujours dit : faut pas trop emprunter, on paie toujours 2 fois plus cher, même beaucoup plus, quand on emprunte pour dépenser. Y a pas très longtemps plein de ménages se sont fait avoir avec ça . Les surendettés qu’on appelle.

Mais je suis qu’un pauv’paysan, je ne comprends pas tout mais des fois je me dis : si j’ comprends pas c’est que ce sont les autres qui sont bêtes !

21.6.09

Des livres et des films (La résistance pendant la guerre 39-45) ,

Non je n’ai pas vu le film « L' Armée des ombres » de Melville.
Pas vu ni lu non plus ce gros bouquin de 900 pages "Alias Caracalla" de Daniel Cordier présenté dans un article du Monde. Merci à Jean Claude de m’en avoir donné les liens.( voir son commentaire dans mon billet précédent .Aucun rapport avec la mort de la petite poule noire ?? Allez savoir !!!
Vraiment beaucoup de grain à moudre pour revisiter les dessous le l’histoire de la dernière guerre et en particulier celle de la Résistance française .

J’ai déjà dit que je n’ai été impliquée ni dans la collaboration, ni dans la résistance,- dans le marché noir non plus- et pourtant je l’ai vécu ce temps, non dans l’indifférence mais avec quelques idées à moi que j’ai eu le tort d’appeler transgressives… étant celles de beaucoup d’autres qui n’avaient guère la parole pour les exprimer.
Un peu à part aussi l’idée que je me faisais du métier d’enseignante auquel je me préparais.
Encore aujourd’hui je n’aime pas dire que je l’ai été enseignante, qu’on le sache et me prenne au tournant en flagrant délit d’ignorance. Ma mémoire fut toujours rétive extrêmement sélective..
Les films de guerre ne m’intéressent pas au 1er chef sauf s’ils en montrent la véritable horreur : le bras de mon père, 20 ans, pissant le sang sur l’oreille de son cheval, les poumons de mon beau père ravagés à vie par le gaz des tranchées.
Non je n’ai pas été une transmetteuse de savoirs surtout ceux concernant l’histoire traditionnelle…....
Un peu peut-être une éducatrice ou une petite militante de l’ombre et maintenant une très vieille femme qui survit grâce à quelques convictions qu’elle a gardées de sa jeunesse : « non il n’y aura pas toujours la guerre » disait ma mère, au moins sous sa forme la plus barbare : tuer, tuer des êtres jeunes et pleins de richesses de cœur et d’esprit , se laisser tuer pour cette absurde croyance que les autres vivront mieux de nos sacrifices , avec plus de dignité dans la liberté et la justice. Ces grande idées pour lesquelles on nous a persuadés de nous faire étriper, de faire étriper nos enfants pour notre Patrie, la meilleure de toutes parce que c’est la nôtre.

Synchronicité? films, textes, librairie, journaux et.. blogs!!
Donc ce matin dans Le Monde: ce bouquin de 900 pages de Cordier ; ben oui ,on pourrait dire « dans l’air obligé du temps » : commémoration du débarquement oblige ; commémoration de ces grandes aventures guerrières si chaudes au cœur de ces combattants de l’ombre.

« Daniel Cordier qui compta parmi les tout premiers Français à rejoindre Londres, dès le 25 juin 1940, à l'âge de 19 ans. » écrit donc :

« Quand je suis parti à Londres, je n'avais qu'une obsession : tuer du boche. Or, quatre ans plus tard, à la Libération, je n'en avais toujours pas tué un seul. Cela a été le désespoir de ma vie »

Cette phrase me fait horreur et je n’ai pas envie d’aller plus loin. J’ai tort. Il ne faut jamais sortir une phrase d’un texte. Mais on ne peut pas tout lire non plus : le dessus le dessous de toutes ces âmes humaines que la guerre ratatinent ou aveuglent plus qu’elles ne les grandissent, leurs évolutions, leurs retournements et pour finir leur gloire d’en avoir fait partie de cette Résistance..quand la France fut libérée.
A cette époque j’avais moi aussi 19-20ans
Ma transgression contre tous les bruits de bottes offensives ou défensives aurait été les paroles du déserteur de Boris Vian si elles avaient pu m’apparaître à l’époque.
Au pis aller j’aurais voulu dire: eh bien messieurs les Allemands : voyez comme on vit en France, vous ne pourrez pas tout détruire, boire tout notre lait, quand votre appétit glouton se sera rassasié, votre jeunesse martyrisée renaitra. Même si nous devons jeuner un peu il nous faudra bien vivre ensemble nous ferons l’ Europe d’abord un peu plus grande si possible : en face de nous, là bas de l’autre côté de l’Atlantique laissons le continent se reposer aussi ; nous serons voisins de loin, restez chez vous au lieu de venir vous faire tuer ici sous les ordres des rapaces qui vous gouvernent, petit Américains ne venez pas vous faire massacrer sur ce qu’on appellera plus tard les plages du glorieux débarquement de nos libérateurs, après que résistants et collabos enragés se seront bien déchiquetés dans l’ombre, prêts à vous acclamer en chœur sur les ruines de nos villes dévastées et les bunkers d’Hitler effondrés..
Vraiment tout ça pour vaincre un homme ?? Un homme qu’on n’a pas vu venir depuis 7 ans ??Allons donc !! que faisaient donc vos clairvoyantes diplomaties ? ? des plans contre la crise..ça sentait le Soviet et le front populaire et qui guettait au trou le moment de mettre un pied en Europe pour son plus grand bien ?
Et c’est bien la guerre qu’il faut pour détruire et reconstruire et faire des affaires, puis distribuer des médailles, faire de jolis carrés de croix blanches, voir défiler les poitrines décorées de vétérans estropiés et faire de beaux discours. Et puis on fera la fête, on fera tomber le mur de Berlin qu’on aura travaillé à édifier, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy s’embrasseront d’accord pour tirer les marrons du feu d’un peu du reste de la planète en perdition .
Et ce beau livre de 900 pages…un monument de toutes les gloires et turpitudes du monde à mettre entre toutes les mains, on en fera une jolie colonne dans les journaux.
Comment peut-on marcher la dedans ?
- la culture ma chère !
- la culture est pleine de ferments délétères.

Voilà c’est un tout petit fragment de mes idées transgressives.
Un petit grain de ce que je voudrais bien appeler utopie, enfin quelque chose comme ça si j’ai bien compris ce qu’on a essayé de me dire..

Non vraiment 900 pages c’est trop pour moi maintenant.
Et je crois que je vais aller revoir le film « Au revoir les enfants »

« J’ai pas tué, j’ai pas volé…. »
J’ai juste, un jour, mangé avec un boche le lièvre qu’il venait de tuer et que ma mère avait fait cuire.
-"Tout comme ma femme" avait-il déclaré l’officier allemand qui pleurait un peu en nous montrant les photos de ses enfants et disant « grosse malheur la guerre »

19.6.09

Croyances et réalité : chanter le coq.

Alors voilà ce dont je n’ai pas parlé en son temps.

C'était peu après le crash de l’Air Bus.

Un matin, on trouve notre petite poule noire morte dans son petit enclos.
Toute belle,toute propre, par terre, encore un peu tiède.Morte!
la veille encore pimpante, toute fière d’avoir pondu un œuf plus gros que celui de sa compagne, la petite poule jaune.

je finis par éclaicir un peu le mystère:une poche à oeufs éclatée à l'intérieur.

......Les jours passèrent…
Sauf que je crus bientôt entendre, la petite poule jaune chanter drôlement. Je me mis à mieux l’écouter… oui elle chantait comme un coq. Et de plus en plus souvent dans la journée. Des souvenirs me revinrent… quand ma mère disait il y a une poule qui chante le coq …. Enfin comme un coq.
Je me mis à me demander si elle ne chantait pas sa peine, l’absence de sa compagne.. je ne sais pas……

Mais sur internet à « chanter le coq », j’ai trouvé ceci :

« Le plus redouté de tous les augures est celui de la poule qui chante le coq, c'est-à-dire qui se met à chanter comme un coq.
En Poitou, ce chant anormal est de triste présage : des œufs de la poule naissent des serpents.
Suivant les paysans girondins, elle a frayé avec un reptile;
en Normandie, dans le Mentonnais, et dans nombre d'autres pays, elle prédit la mort du maître ou la sienne;
En Lorraine, elle annonce qu'il y aura bientôt un décès dans la maison, qu'il y a de la sorcellerie, de la discorde dans le ménage ou que la femme veut y être maîtresse absolue.

Est-ce absurde ce rapprochement que le fais entre toute cette extravagances de croyances anciennes' dont je n'avais jamais entendu parler et la souffrance de notre petite poule jaune depuis qu’elle a perdu sa compagne ?