9.8.09

Réminicences

"Très souvent remontent à la surface de ma mémoire des lambeaux de poèmes… un demi vers boiteux par ci… un octosyllabe estropié par là… parfois juste quelques mots agrippés à une rime. Par exemple : « Midi, roi des étés épandu sur la plaine… » ou «…le coup dut l’effleurer à peine, aucun bruit ne l’a révélé mais la légère meurtrissure… » Ensuite, plus rien, le cerveau capitule : un grand blanc. J’enrage, j’épelle à mi-voix pour retrouver le Sésame. Toujours rien. Pas moyen de trouver la suite mais il suffirait peut-être de gratter par ci, de dépoussiérer par là… peut-être… c’est si lointain, un demi-siècle ! C’est si proche, encore si vivant en moi lorsque je ferme les yeux pour ressentir dans mon esprit embué toute cette imagerie verbale qui palpite et bat encore comme un petit cœur obstiné. Fragments d’enfance !"

POÈMES D’ENFANCE (2)
Par Michel Bellin, mardi 17 juillet 2007 à 09:27
http://www.michel-bellin.fr/bellin/blog-officiel-michel-bellin/index.php/2007/07/17/169-poemes-denfance-2

MIDI ROI DES ETES
ce texte que je recherchais moi aussi..!!!!
(de circonstance)

Midi
Midi, Roi des étés, épandu sur la plaine,
Tombe en nappes d'argent des hauteurs du ciel bleu.
Tout se tait. L'air flamboie et brûle sans haleine ;
La Terre est assoupie en sa robe de feu.

L'étendue est immense, et les champs n'ont point d'ombre,
Et la source est tarie où buvaient les troupeaux ;
La lointaine forêt, dont la lisière est sombre,
Dort là-bas, immobile, en un pesant repos.

Seuls, les grands blés mûris, tels qu'une mer dorée,
Se déroulent au loin, dédaigneux du sommeil ;
Pacifiques enfants de la Terre sacrée,
Ils épuisent sans peur la coupe du Soleil.

Parfois, comme un soupir de leur âme brûlante,
Du sein des épis lourds qui murmurent entre eux,
Une ondulation majestueuse et lente
S'éveille, et va mourir à l'horizon poudreux.

Non loin, quelques bœufs blancs, couchés parmi les herbes,
Bavent avec lenteur sur leurs fanons épais,
Et suivent de leurs yeux languissants et superbes
Le songe intérieur qu'ils n'achèvent jamais.

Homme, si, le cœur plein de joie ou d'amertume,
Tu passais vers midi dans les champs radieux,
Fuis ! la Nature est vide et le Soleil consume :
Rien n'est vivant ici, rien n'est triste ou joyeux.

Mais si, désabusé des larmes et du rire,
Altéré de l'oubli de ce monde agité,
Tu veux, ne sachant plus pardonner ou maudire,
Goûter une suprême et morne volupté,

Viens ! Le Soleil te parle en paroles sublimes ;
Dans sa flamme implacable absorbe-toi sans fin ;
Et retourne à pas lents vers les cités infimes,
Le cœur trempé sept fois dans le Néant divin.

Charles-Marie LECONTE DE LISLE (1818-1894)

3 commentaires:

brigetoun a dit…

nous en avons tous en tête - moi de cet âge c'est Du Bellay, Ronsard bien classiquement, et Verlaine "le ciel est par dessus le toit/ si bleu, si calme/ un palmier dans le ciel qu'on voit.." seulement ce sont des brides, jamais entièrement, comme le dit Bellin

Viviane a dit…

Très souvent je murmure des poèmes ou des bribes de poèmes, j'aime c'est reposant, comme je vis seule personne ne peut se moquer de moi!
Pratique!
Bisous et bonnes vacances
Viviane

Solange a dit…

Moi j'ai de la difficulté à retenir un poème, par contre s'il est mis en musique je n'ai pas de problème.