21.11.10

En continuant mon ménage

dans un truc qui s'appelle Fourre Tout, je me suis arrêtée sur ces petits papiers inachevés Etant donné que mon esprit est en jachère j'ai tenté de leur redonner une chance
 de venir faire un tour sur mon clavier:


C’était un soir de brise légère et de crépuscule tout bleu J’ouvris la croisée de ma fenêtre qui donne sur le jardin

Sortant de ma rêverie, j’entendis soudain comme un grand remue ménage vers le coin du mur où l’on dissimule la poubelle sous le gros laurier.

Ah me dis-je, les chats sont encore à tout bouleverser. Si c’est le gros gris , je vais lui faire voir de quel bois je me chauffe.

Je descendis à pas feutrés, poussai la porte tout doucement, et là, quel étonnement, tout une troupe d’êtres les plus divers s’échappaient du couvercle à peine entrouvert. Puis mes yeux s’habituant à la pénombre, je les reconnus fort bien. Il y avait là tous les personnages de la publicité bondissant de tous les papiers qui encombrent nos boîtes aux lettres et qu’on jette aussitôt sans les lire.ils n’étaient pas contents gesticulant et menaçant, ils brandissaient des pancartes, des enseignes fluorescentes, des lettres de feu.

Je me frottai les yeux : réveille toi…ton esprit est fatigué et bat la campagne

Je fis quelques pas dehors, respirai un grand coup. Ouvre les yeux tu rêves !

Mais plus je les ouvrais, plus j’étais éberluée.

Ils s’étaient maintenant assemblés tout au fond du jardin. Le petit personnage Minidoux, avec ses petites pattes crochues grimpait le long des branchages, le camembert président enroulait des rubans de senteurs ….et la femme de l’eau Perrier crachait des jets de bulles au nez du Lion Noir rugissant

Je voulus m’enfuir, mais c’était plus fort que moi j’étais fascinée. Les jambes un peu molles, je m’approchai de la porte. Effrayante vision. Il en sortait de partout, il en venait de toutes les autres poubelles du quartier, il en venait des murs de la ville, du fond des caves, des décharges sauvages, il en sortait par les fenêtres des écrans de télévision, certains bavaient encore d’encre fraîche, d’autres étaient tout souillés de l’eau des caniveaux où ils avaient traîné. C’était un étrange spectacle. On voyait un placard publicitaire essayant de redevenir un arbre dont les feuilles n’étaient que gruyère et de la source de Volvic s’écoulait du goudron. Sur une pile de cartons une étrange créature aux cheveux électriques envoyait des rayons laser

C’était à la fois grandiose et terrifiant.

Alors l’étrange créature tout en haut de sa pile de cartons cria :
« Mort aux humains qui nous créèrent pour devenir poussière »

Seul un joli enfant, son petit derrière sur un pot - vous savez celui qui caresse de sa main le joli papier toilette si doux si doux - fit un geste de la main et tout disparut dans les airs.

Le lendemain quand je suis revenue au jardin il n’ y avait plus que de la cendre et quelques débris noircis par terre.. Sans doute le feu avait pris dans les poubelles On ne sait comment ou par qui.

4 commentaires:

brigetoun a dit…

eh bien ! vive les fourre tout - continue l'exploration s'il te plait

Air fou a dit…

Wow!

J'ai plein d'illustrations et d'images dans ma tête. Voilà décidément un conte urbain pour enfants d'aujourd'hui.

Comme dit Brigetoun, « Vive le fourre-tout! »

Zed xxx...

Solange a dit…

Je suis du même avis, il y a plein de surprise dans ce fourre-tout.

Anonyme a dit…

De passage, te souhaite tant de choses que ton fourre-tout s'en trouve rempli...
Bonsoir à Pierre, bise à l'Avignonaise !