5.8.09

Si petite,se hausser pour voir le ciel

Mais à peine il s'éveille

Par delà la fenêtre

Tout s'éclaire, il est temps de partir

Largons les amarres

Un avion nous emporte

C'est le bord de la mer

La Mer! La Mer!..

3.8.09

[Francis Jeanson]

cliquer pour lire
Citations

Les hommes n'existent qu'au prix de parier sur leurs propres chances d'exister.
[Francis Jeanson]
Extrait de La foi d'un incroyant

L'univers est peut-être une "machine à faire des dieux". Mais la vraie foi consiste à parier que l'espèce humaine est capable d'incarner Dieu, de le réaliser, "d'en finir avec lui" en inventant sa propre humanité.
Françis Jeanson La foi d'un incroyant [+]

La liberté est une peau de chagrin qui rétrécit au lavage de cerveau.
Henri Jeanson





31.7.09

légumes et fruits

courgette et tomates
prunes Reine- Claude et derniers petits abricots
une tomate qui porte bien son nom: coeur de boeuf


dans le petit panier que mon père tressa quand j'avais 8 ou 10 ans





29.7.09

petites brèves d'actualité..

LE DI-ANTALVIC
depuis 2003 ont été signalés les risques d'effets secondaires importants du di-antalvic cet anti- douleurs un des plus vendus en France..

Pour ma part je l'ai de moi-même refusé après des malaises provoqués par ce médicament voilà bien des années

Extrait de science et Vie (Août 2009)
Cette année,
"l'avis de l'Agence Européenne des Médicaments ( EMEA) est tombé: le di antalvic et toutes les préparations contenant du dextropopoxyphène doivent être retirés de la vente..............
l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé( AFSSAPS)annonce un retrait progressif d'ici à un an."


Pourquoi retrait progressif?
pour pouvoir finir de commercialiser les stocks??
ça ne vous rappelle pas quelque chose?


"La PENSEE POSITIVE peut avoir des effets négatifs....
d'après des scientifiques canadiens( université de waterloo)"
( Science et Vie)

la pensée positive, selon moi, la bonne à tout faire de la pseudo psychologie

les UV artificiels des cabines de bronzage aussi cancérigènes que les naturels sur les plages et aileurs.
( France inter ce matin))

28.7.09

Bord de mer

j'ai piqué cette photo marrante et rafraîchissante dans un PPS.

j'espère ne pas tomber sous le coup de la loi Hadopi

27.7.09

Delphinium

C'est une branche de delphinium
Un coup de vent l'a cassé.
Frêle comme tardive repousse
Il jalousait le ciel bleu,
Abrité sous la rose
Qu'il faisait resplendir .



Lui ai trouvé ce vase où prolonger sa vie
Et il ne m'a pas dit qu'il était mécontent
D'avoir trouvé plus claironnant que lui
A l'abri de la pluie.

24.7.09

Les bons côtés de la grippe A !!!

Elle crée des emplois, notamment dans l’industrie pharmaceutique qui fait d’énormes bénéfices

Elle creuse le déficit de la Sécu et justifiera, s’il en était besoin, son passage au privé et le recul de l’âge de la retraite afin de cotiser plus longtemps et payer moins de retraités

Elle justifiera la suppression de trains sur le réseau SNCF

LE FIGARO
H1N1 : la SNCF pourra
supprimer des trains
Charles Gautier
20/07/2009 Mise à jour : 07:13

« …….Dans certains cas, les déplacements des voyageurs seront limités, voire supprimés, pour éviter la propagation de la maladie.»
Les liaisons domicile-travail seront favorisées, de même que les axes vers les grandes métropoles.
Les réseaux des transports «fret» et «voyageur» seront modifiés et rationalisés afin de limiter aussi le nombre de cheminots nécessaires pour assurer le trafic….
»

23.7.09

Le feu

qui menace Marseille


je me souviens du récit "La Maison Brûlée" que Valclair fit sur son blog
cliquer ci-dessous


aujourd'hui il vient d'y retourner
http://valclair.canalblog.com/archives/2009/07/16/14439410.html

21.7.09

ALBERT JACQUART

ALBERT JACQUART
4ème de couverture de :
Le compte à rebours a-t-il commencé? ( cliquer pour lire)




petites nouvelles du jour

21 juillet 09 ,anniversaire du 21 juillet 1969: un petit pas pour l'homme, un grand bond pour l'humanité.
Soit! on ne cherchera jamais trop à comprendre notre condition humaine dans le grand mystère de l'univers et à en chasser toutes les fantasmagories de l'imagination

Plus étonnant, entendu ce matin :" vos vêtements, votre table, votre portable, etc.... sont les fruits des recherches techniques du projet Apollo".
Faut-il donc que notre quotidien, les améliorations de nos conditions de vie soit tributaires de grands projets de prestiges et de compétions comme le fut le projet Apollo?
Comme il a fallu tant de rivalités et de guerres pour susciter les progrès techniques considérables dans tous les domaines. Mais il arrive aussi que cela a un coût considérable à longue échéance ( environnement, ressouces planétaires etc..)

Voici la conclusion d'Albert Jacquart dans un de ses derniers ouvrages:
" Le compte à rebours a-t-il commencé"(mars 2009)
"Il semble, dans notre société,que la seule dynamique possible ne puisse être alimentée que par l'opposition des humains les uns aux autres. il n'est question que de la victoiredes meilleurs alors que les confrontations sont plus collective qu'individuelles, alors qu'elles impliquent plus de coopération que de compétition.
Cette réalité a été merveilleusement résumée par un jeune élève d'un lycée qui bannit tout classement, tout palmarès, toute note chiffrée.comparant la dynamique de ce lycée à celle des établissements classiques, elle a constaté: mieux vaut une réussite solidaire qu'un exploit solitaire ."

20.7.09

un brin d'exotisme en région parisienne

Un bananier
un figuier
La vigne acclimatée depuis longtemps

16.7.09

Et pour ne pas rester sur la vision

de la mise à mort de l'orvet qui -comme chacun sait- n'est pas un serpent mais un lézard dépourvu de pattes, voici quelques images plus poétiques

Un joli papillon butinant une centaurée

Une fleur de marjolaine.
Cadeau royal puisque- comme est dit dans la chanson-
" Je ne suis pas si vilaine puisque le fils du roi m'aime
il m'a donné pour étrenne un bouquet de marjolaine...etc


Des petites pommes qui déjà s'arrondissent

Le Bouillon blanc , quoique jaune, pour les soins des gorges fragiles


Et quelques petites cerises tardives, les tout petits fruits du merisier,les merises, qui vous laissent aux lèvres le plus beau des fards carmin et un délicieux goût de sucre sauvage.

15.7.09

La chaîne alimentaire

en toute liberté
elle cherche sa nourriture
qu'a-t-elle donc trouvé qui gigote dans l'herbe?
Un orvet bien dodu assommé d'un coup de bec

il faut le débiter en morceaux
il ne reste bientôt qu'un petit tronçon
aussitôt englouti d'un seul coup

Ainsi LE PLUS FORT SE NOURRIT DU PLUS FAIBLE
C'EST LA LOI DE NATURE.
en est-il autrement chez les hommes?

10.7.09

PRIVEE DE CONNEXION PENDANT 4 JOURS

Pour raison de weekend à la campagne

bon 14 Juillet..à tous ici ou ailleurs...
mais prenez garde au petit chardon bleu

cueillette des abricots

bienvenue à nos gentils voisins

pour se hisser parmi les branches

on va pouvoir commencer le partage


9.7.09

Le bonheur est un rêve

Oui le bonheur existe, j’ai déjà dit. Il est dans mes rêves, mes rêves vécus comme une réalité si prégnante si bonne à boire dans le vin de la nuit.
Vite, vite il est encore là dans mes mains sur ma peau encore endormies, pas tout à fait sorti des limbes du sommeil, un sommeil complice qui a bien voulu se prolonger au-delà de ses limites habituelles : 7 ½ heures. C’est tard pour moi et j’ai pu dire à mon mari s’étonnant joyeusement de mon repos prolongé que oui j’avais bien dormi et que j’avais fait un beau rêve. Un rêve d’amour. Il est content pour moi sans savoir vraiment sans chercher à savoir que ma priorité est de venir essayer de mettre des mots sur mon bonheur ....l’empêcher de partir se réfugier dans l’ombre de la vraie vie où pointent de si évidentes urgences.

« Une petite pièce un peu restreinte, quatre personnages assis autour d’une petite table de formica. Je viens d’ouvrir les yeux comme d’un petit somme où il me semble avoir sombré. Le couvert est mis, deux personnes venues travailler à quelque aménagement de la maison ont été invitées à partager notre repas. Petite surprise bien venue. Tenue plutôt soignée, l’un d’un certain âge, l’autre plus jeune, bien découplé est à ma gauche tout près de moi. Je me dis que mon mari a bien fait de les avoir conviés. Nous mangeons, mon voisin de gauche est vraiment tout près de moi, nous sommes un peu serrés bientôt son bras s’avance vers mes épaules puis dans mon cou en un geste qui me paraît naturel, une douce sensation envahit tout mon corps, une chaleur qui se prolonge et irradie tout mon être. Il reprend du pâté dans la terrine où j’ai fait comme d’habitude le pâté maison. Il le trouve bon je suis contente et son corps est comme soudé au mien dans une communion profondément charnelle. Enfin le repas se termine nous nous levons. Un nouveau personnage est parmi nous : une jeune personne un peu fluette qui a l’air de bien le connaître, oui et elle me confie : Il est comme ça ... Moi ça m’est égal, je voudrais savoir son âge. Vieux me dit-elle 38 ans ! Et je me dis aussitôt moi j’ai 30 ans, tout est encore possible La scène se dissout lentement dans une sorte de nuage flou de son passé .... je m’éveille, il est tard mais je suis bien …."

Ps : ce récit terminé,
Il me revient seulement un tout petit morceau d’un autre rêve qui a précédé ce dernier dans une phase précédente de sommeil et où dans une situation angoissante j’ai fini par écraser du pied profondément dans un trou, une sorte de chose malfaisante, mi bestiole mi humaine.

8.7.09

Les journées (suite) Dimanche 5 juillet 2009

Pour ce matin comment choisir un atelier plutôt qu'un autre parmi les 8 proposés tous plus tentants les uns que les autres?
De réflexion?, de témoignage?,d'écriture ou de création?. Le choix étant toujours l'art des sacrifices, j'ai choisi le nom de l'animatrice Simone que je connais depuis toujours...accolé à un autre inconnu...Martine.
Cela s'est terminé par la frustration de n'avoir pas pu tout bien entendre mais en compensation par quelques feuillets imprimés, distribués à la fin et précieusement recueillis et qui me permettent maintenant de ressentir toute l'émotion qui s'en dégage , celle que Martine a éprouvée en relisant 43 ans plus tard un carnet de voyage de jeunesse et qu'elle a annoté à la lumière de son aujourd'hui, pour nous le présenter.
Ca s'appelle" entre les lignes d'un carnet de voyage oublié" 1966-2009
Un voyage en stop et en groupe d'étudiants afin "'d'ouvrir et de lire comme disait déjà Montaigne (le grand) livre du monde aussi intelligeamment qu'il le préconisait en participant aussi intelligeamment qu'il le préconisait en participant activement à la vie des hommes,.......
Elle note son premier contact avec l'Allemagne puis la Tchécoslovaquie, ses rencontres ... tout ce foisonnement d'échanges idéologiques à propos de ce socialisme en question..
Dans la relecture qu'elle annote entre les lignes se perçoit à la fois son attendrissement , "étonnée de l'impact émotionnel que peuvent provoquer de misérables petits papiers jaunis" et la conscience d'un aujourd'hui de couple qui a.. "mûri"?
De Simone, j'aurai aussi, c'est promis, transmission par mail du récit de son séjour d'études en Allemagne de l'Est;ayant fait partie du groupe d'étudiants invités à venir constater les bienfaits du régime à l'époque.

Merci à toutes les deux.

L'après midi :Synthèse des journées ..clôture des journées, prévision des prochaines à Strasbourg
PUIS dispense de Pot d' adieu..direction gare d'Ambérieu pour retour au bercail
Merci aussi à notre gentil covoiturier.

7.7.09

Ces journées en question

Difficile et sûrement fastidieux d'essayer de rendre compte du contenu de ces 3 journées pleines à craquer pour qui n'y assiste pas, comme peuvent être fastidieux le défilé des photo de voyages ou vacances auxquelles on n'a pas assisté et qui parfois remplacent les bonnes conversations d'après boire et manger de vraies retrouvailles.
cliquer sur le titre pour retrouver ma note d'il y a 2 ans à propos des vacances et de notre réunion biannuelle à Ambérieu et dont le thème était les nourritures

"Tables rondes, ateliers d’ecriture, ateliers d’information, « conférences participatives », je trouve toujours un petit coin,une personne qui justifient à eux seuls la fatigue que m’imposent ces journées pleines à craquer "

Cette année le nombre des participants a encore augmenté et passé à 110 environ , et le thème Récits et Carnets de voyages particulièrement foisonnant , la canicule aidant ce fut pour moi.....épuisant
Je me contenterai donc de quelques images volées au hasard pour récréer un peu l'ambiance

Le hall d'accueil de l'Espace 1500
Hall Véranda d’une superficie de 300 m², agrémenté d’un bar central, permettant des réceptions et des « vins d’honneur ». Ce hall convient également pour des actions culturelles telles que les expositions, vernissages ou mini-salons. Il peut accueillir jusqu’à 300 personnes.
(Nombreuses autres salles. )

le matin à la première heure



Chantal Chaveyriat-Dumoulin
Philippe Lejeune




Philippe Lejeune , professeur de littérature à l'université de Paris Nord, membre de l'Institut universitaire de France, a consacré ces trente dernières années à l'autobiographie, à travers de nombreux ouvrages où ce genre littéraire est appréhendé dans une perspective transcendant la littérature : « Écrire sa vie n'est pas réservé aux écrivains, ou aux gens célèbres ».

L'APA : Ce point de vue le conduit, avec Chantal Chaveyriat-Dumoulin, à fonder, en 1992 l'association pour l'autobiographie (APA), à partir d'une réflexion sur les archives autobiographiques : comment les recueillir, les conserver, comment les mettre en valeur et leur permettre d'être lues ? L'APA se définit elle-même comme une une association amicale de personnes intéressées par la démarche autobiographique. Elle réunit des personnes qui aiment tenir leur journal ou composer le récit de leur vie, et des personnes qui aiment lire les textes autobiographiques des autres. L'APA accepte de lire tous les textes autobiographiques inédits qu'on veut bien lui envoyer. Elle en publie des comptes rendus.


Salle de restaurant en sous sol


Premier spectacle le soir après le repas: lecture de fragments avec accompagnement musical ou prestations chorégraphiques

le lendemain matin : première réunion informelle:on va fouiller dans la malle au trésor

chacun s'exprime à loisir .. ou écoute...

Puis viennent les conférences débats:pourquoi voyager?voyage extérieur et mouvement intérieur

Alexandre Bergamini: cargo mélancolie

Charles Juliet: Au pays du long nuage blanc

Après midi : le Château des Allymes

Soir: projection et commentaire d'un documentaire: exode des républicains espagnols fuyant le franquisme.à travers une collection de cartes postales par Henri François Imbert.

Dimanche (à suivre)



6.7.09

Ambérieu en Bugey :le Château des Allymes

je profite de l'excellente présentation du Château des Allymes qu'en a fait l'ami Vincent sur son blog pour me dispenser de vous parler un peu plus longuement de ces journées qui furent comme d'habitude très remplies, un peu trop même pour ma carcasse ,comme dirait Brigetoun, étant donné aussi cette canicule qui m'a littéralement épuisée.(cliquer sur le titre pour la visite)
peut-être quelques images ou aperçus demain.

bonnes pensées à tous..

2.7.09

Les Journées de L'Autobiographie


Rendez-vous nationaux APA

Vendredi 3, samedi 4 et dimanche 5 Juillet, Ambérieu en Bugey :
Journées de l'autobiographie
thème : Carnets de voyage
Espace 1500, 01500 Ambérieu en Bugey

pour tout renseignement cliquer sur le titre

30.6.09

les voyages organisés ....(fragments)

Du 13 au 19 Mai 1985. La Bretagne sud.

Nous avons vraiment beaucoup voyagé cette année là.
Nous commençons par un petit pèlerinage sur des lieux de vacances d'autrefois, à la rencontre d'amis
................................................................................
Mais ce n'est pas fini.

Le bouquet, ce sont les retrouvailles des anciens du S.E.S.(service électrique signalisation sncf) avec lesquels nous avons rendez-vous à Sainte Anne d'Auray, pour le vrai tourisme : les repas-banquets pour groupe compact - 66 personnes - les kilomètres en car - Quiberon, Belle Ile, Carnac, Auray, Vannes et le Golfe du Morbihan en bateau. L'Ile aux moines, la pointe Saint Gildas, le château de Josselin, Rochefort-en-Terre et enfin Redon où nous reprendrons le train du retour.

Je n'ai pas tenu le choc. J'ai craqué le dernier jour. Au petit déjeuner, devant "les autres" ! Mon ennui que je tenais en laisse depuis le début a subitement bondi de derrière mes sourires forcés, mes paroles de gentillesse et de politesse.
Comment font donc ces gens ? Je ne sais si je les méprise ou si je les envie. Je voudrais pouvoir les ignorer.
D'où sourd cette énergie dévastatrice des larmes tandis que je bâillonne de justesse révolte et sarcasmes : je hais ces grosses charretées moutonnières de touristes entassés dans les cars, bouffant du paysage parmi les rires et les grosses blagues, l'ambiance surchauffée des repas gorgés de vins et de victuailles. Les Hourra pour le cuisinier, pour le chauffeur, pour le gentil accompagnateur ! Les fronts luisent parmi les claquements d'assiettes et le tourbillon des serveuses. Les conversations ronflent : le vin, les sauces, les enfants, les maladies, le temps qu'il fait, se font un chemin cent fois recommencé pour habiller de vains bruits, ces jours de fête. Battez tambours ! Résonnez trompettes !

Je reviens avec mon âme toute bosselée et décolorée. Suis-je seulement fragile, insuffisante, capable seulement de regarder le monde se défaire autour de moi, au bord de mon trou, solitaire comme un grillon qui voit mourir l'été.
Comment faire ?
Cent fois je recommence : est-ce ma faute ? Est-ce la leur ? Ni l'un ni l'autre je le sais bien. Mais à la charnière est Pierre. Pierre que je ne peux pas laisser avec eux et qui n'est pas avec moi. Comment entre nous deux tirer le trait de douce tolérance ?
J'ai trop besoin d'une épaule. Semblable à la mienne. Complice.

J'aimerais encore quelques petites choses, une amitié sans rupture, sans secousse, une fleur, un arbre, un meuble poli, une naissance qui dépende de moi ; la courbe d'un chemin à parfaire. Dormir quand j'ai sommeil. Me lever avec le soleil. Des livres selon mon cœur. De la musique à petites gorgées. Des promenades à petites foulées. Si possible une parole amie. Et puis tout le reste, ce que j'ai cru savoir, ce que j'ai voulu pouvoir, toutes les routes de l'Asie, tous les sentiers de l'Histoire couchés très loin dans ma mémoire, sans regret, qu'une légère nostalgie. La mer sans les bateaux et le ciel aux oiseaux.

"Et le grand chirurgien devait s'avouer qu'il se serait aussi bien contenté d'être mineur comme son grand-père polonais ".
La colline des solitudes.
Pierre Jakez Helias.

29.6.09

Voyage témoignage

Cuba,
Ce fut une échappée, comme un gros trou de lumière en cette fin d'hiver où le thermomètre venait de descendre jusqu'à moins douze, treize, que notre voyage à Cuba, du 17 02 au 04.03 85.

Les Caraïbes, le soleil des tropiques, Cuba, Fidel Castro, il restait encore un peu de magie, un peu d'énigme dans ces mots malgré ma prudence blasée devant les horizons qui leurrent et j'avais, sans ennui, préparé les pantalons et les robes du soleil, joué d'une petite angoisse fictive, à l'idée de l'aventure en terre si lointaine, accepté l'excitation joyeuse des départs orchestrés par Pascal et Maryse venus nous accompagner à Orly.
Et je n'ai rien eu à dire d'urgent pendant ces deux semaines.
Mes plaisirs, s'ils furent parfois réels, ne furent pas encombrants. Juste un goût du temps qui passe, sans impatience ni regret et parfois la fragile connivence avec la mer si douce, si vivante de ses bleus, de ses verts bleuissant au bord du sable plat, immobile sous le soleil.
Je fus de bonne volonté aussi, pour essayer de cerner au plus juste la vie de ce pays sorti depuis 25 ans à peine de l'emprise coloniale, remodelé par un socialisme généreux mais toujours difficile.
Et puis maintenant que deux semaines sont passées, la grisaille de ce printemps sévère m'enserre à nouveau de ses griffes. Il ne me reste rien de l'air léger, de ma fragile insouciance, de cette parenthèse bleue qui me concerne si peu... que quelques notes.

La Havane.
Hôtel Deauville, immeuble moderne, en front de mer dont il est séparé par une large artère, proche de la vieille ville.
Vieille ville : visite nous deux Pierre. Un clair soleil joue à travers les nuages, anime les vieilles façades décrépites des anciennes demeures coloniales, leurs galeries couvertes, leurs colonnades baroques dont les ocres, les jaunes, les verts, sont tannés de soleil et d'indifférence. Une fine crasse, celle de la pauvreté, sans déchets, ni débris stagne au coin des portes fermées. Quelques arbustes rabougris. Une touffe d'herbe vivotant comme par hasard, çà et là piquée d'une fleur involontaire. Des arbres aussi, verts bien sûr, de ce vert caoutchouc des feuillages qui ne transitent jamais par les saisons intermédiaires; les palmiers sont là posés dans le terre-plein central de la grande avenue du Prado à peine plus vivants que ceux qu'on voit aux dépliants des agences.
Nous trouvons cependant un petit jardin plus souriant et plus ombragé. Des jeunes y passent léchant au fond d'un cornet de fort papier gris de la glace pilée arrosée d'un sirop et que vend, pour 0,20 peso (2F), le seul marchand ambulant que nous rencontrons. Non, il y a aussi, sur un trottoir, un marchand d'omelette. Une simple plaque de métal creusée de deux petites cuvettes : une pour l'huile de réserve, l'autre pour la cuisson. Une bouteille de gaz. A la demande, l'homme casse deux œufs dans un bol, les fait frire puis les enserre dans un petit pain qu'il tend au client. Rien d'autre, ni devanture de boutique ni végétation luxuriante. Déjà m'étonne cette sorte de parcimonie qui devait caractériser toute la première partie de notre voyage jusqu'à Pinar Del Rio.
L'après-midi le guide nous fait visiter un petit magasin pour touristes, attenant à une sorte d'atelier de confection où deux ou trois femmes coupent et cousent des bleus de travail . A Pinar Del Rio, nous verrons la fabrique de cigares : deux rangées de tables sommaires où hommes et femmes préparent, coupent, roulent les feuilles de tabac pour en faire les cohibas (cigare en indien), une cinquantaine de personnes environ qui nous font quelques signes clandestinement pour nous réclamer de menus cadeaux (un briquet, un peu de parfum etc...) Nous achetons des cigares à la sortie, 15 F pièce environ. Vu quelques boutiques sommaires où dans trois mètres carrés s'entassent quelques piles de vêtements.
Notre départ, le lendemain matin, est ponctué d'une pluie légère, tout à fait passagère, suivie d’une brise vive et pourtant douce. Bien sûr nous apercevons la ville nouvelle, ses grands immeubles modernes, ses hautes tours, quelques blocs fortifiés, carrés, témoins d'anciennes défenses contre les pirates, la place de la Révolution, la statue de Marty. Et puis de grands placards portant des slogans que nous nous faisons traduire "Préparons nous à la guerre contre l'ennemi" - "Seul le socialisme peut résoudre les problèmes vitaux de l'humanité" - "Les travailleurs de l'Hôtel Pinar Del Rio feront tout leur possible pour économiser et obtenir la victoire".

D’Ouest en est.

D’abord de longs kilomètres à travers des terres délaissées, des habitations sommaires posées au hasard de terrains vagues et où mènent des chemins de poussière ocre. Les palmiers çà et là étoilent le ciel de leur exotisme conventionnel. Quelques villages lépreux, comme endormis dans une implacable crasse. Ces boyos couverts de feuilles de palmier témoignent du passé, de la grande misère de la petite propriété privée qui constitue encore un tiers des terres cultivées. A se demander si, dans cette contrée de l'Ouest, la vie a bien gagné au change depuis la Révolution. Nous sommes à quelque 400 km de la Havane, à quelque 1000 km de Santiago.
Notre première pause est prévue dans un site plus soigné, avec sa piscine de plein air et son cabaret où nous buvons notre premier "morito" qui n'est autre qu'un punch au rhum blanc avec de la glace, du citron, du sucre, le tout orné d'un brin de menthe fraîche. Le repas de midi a lieu dans une grande salle basse où s'entassent au long des tables-tréteaux, plusieurs groupes de touristes que les cars viennent de déverser en ce lieu de rendez-vous. La "cantine" n'est pas mauvaise et le bruit est bientôt couvert par un orchestre cubain assez endiablé. La bonne volonté aidant, une complicité bon enfant s'établit avec ce folklore de rigueur. Puis sous la houlette de notre guide Marguerite nous regagnons notre minibus.
Elle est bien brave Marguerite, 30 ans, sorte de madone cubaine à l'opulente chevelure cuivrée, aux fraîches formes rebondies. Elle nous informe avec beaucoup de conscience, de toutes les beautés, réalisations et richesses de son pays.
Les paysans ont eu à choisir (?) entre leurs anciennes coutumes et le nouveau statut d'ouvriers agricoles. Ceux qui ont renoncé à la vie rude et fruste ont reçu en échange de leur maison et de leurs terres, un logement dans les H.L.M. qui se dressent çà et là dans la campagne et dont beaucoup sont déjà lavés de soleil ou marqués de moisissures insidieuses, mais il y a la salle de bains, l'électricité, le frigidaire, la cuisinière électrique et le climatiseur. Ceux qui n'ont pas été relogés à titre gratuit paient un loyer représentant 10% de leur salaire. Ils ont aussi l'école, les comités de quartiers, la maison des mariages, l'assistance médicale, la semaine de 44 heures (40-48), le magasin d'état pour les produits de première nécessité, bon marché et avec ticket. Sans doute sont-ils plus heureux que les miséreux d'autrefois ou les esclaves des grandes exploitations.
Les grandes exploitations, nous commençons à nous en faire une idée quand nous traversons l'île dans sa partie centrale, en gros de Guama à Varadero où nous devons finir notre séjour. A la hauteur de la Baie des Cochons, nous voyons d'immenses exploitations agricoles, des hectares d'agrumes, de canne à sucre, des champs de sisal, de tabac, des cultures maraîchères : pomme de terre, haricots, tomates, manioc.
Les salaires de base varient de 1 000 à 4 500 francs, assortis de primes diverses. Des équipes de travailleurs sont détachés pour les constructions urgentes, habitations par exemple, et pour un temps pris en compte sur le travail habituel. Ce sont des mini-brigades non spécialisées. Les écoliers mais surtout les étudiants sont également requis un certain temps dans les exploitations agricoles. Les écoles secondaires et pré-universitaires sont en voie d'être toutes installées à la campagne, les élèves y sont internes et rentrent à la maison une fois tous les quinze jours. Une semaine de vacances par trimestre. Deux mois par an.
Pour les plus jeunes, c'est la maternelle de cinq à six, le primaire de six à onze ans, sept heures par jour, cinq jours par semaine.
Tous portent un uniforme.
On ne voit dans les rues, ni tenues négligées, ni mendiants en guenilles.
Nous traversons la ville de Gardana, avec ses bicyclettes et ses calèches, ses vieilles maisons coloniales, ses cheminées d'usines.
Nous visitons le village indien de Guama. Après trois quarts d'heure de navigation bruyante et nauséabonde, nous débouchons du chenal sur un lac important et abordons au village indien reconstitué : cabanes diverses, cabane du grand chef et son sorcier. Tout à l'entour, des statues d'indiens en fer recouvert de terre cuite évoquent les principales activités de ce peuple disparu.
Déjeuner dans un restaurant "typique", tout en bois et feuilles de palmier. Très belle architecture intérieure en rondins polis et luisants, un escalier central en colimaçon semble servir de support à un immense chapiteau conique.
Libre-service pour les entrées et desserts. Ticket pour viande ou poisson. Frites, salades, fruits à volonté.
Au retour, petite halte à la réserve de crocodiles. Bon bain de mer. Sans les crocodiles bien sûr.
Nous allons à Trinibad le surlendemain de notre arrivée à Varadéro. C'est une vielle ville coloniale à quatre bonnes heures de car. Nous y voyons assez peu de choses : un intérieur de maison, pièce unique sous son chapiteau conique, un orchestre populaire dans une cour close, le musée de la révolution contenant surtout des portraits, des photos, des armes, des vêtements et papiers. Nous entrons aussi au musée des Sciences Naturelles, destiné surtout aux étudiants.
A Varadéro c'est la plage, le soleil, la mer, ses couleurs et ses vaguelettes toujours recommencées, sa tiédeur ; notre bungalow est à deux pas, le cabaret sympa à ras des flots, avec ses petits punchs, son tisseur de chapeaux en feuilles de bananier. Le sable est doux, blanc comme la farine, la mer douce, douce tard le soir. Les petits matins, égrillards, quand le soleil sournois guette dans la brise, le châle ou la chemisette qui glisse d'une épaule.
Notre groupe, réduit de quatorze à cinq pour la dernière semaine a encore éclaté. Claudette et Elisabeth ont pris le large pour leurs déambulations diurnes et nocturnes. Monsieur Verdier fait son footing le matin. A peine, sa complaisance à raconter nous retient-elle à table plus longtemps que désiré.
Vu la villa de Dupont de Nemours, vers la pointe de la presqu'île. Style colonial. Toiture en tuile vernissée verte. Terrasse et balcons de bois face à la mer. Intérieur luxueux, meubles à colonnes de bois noir (ébène), plafonds à caissons sculptés. Propriété du richissime industriel qui mit au point le fil nylon en particulier, confisquée à la révolution, aujourd'hui restaurant de luxe dans les salles d'autrefois.
Quelques vadrouilles dans Varadéro, aux boutiques des hôtels : l'International qui jouxte le nôtre, le Cabana del Sol, dont font partie nos bungalows; le Siboney où nous devions primitivement être hébergés. Les boutiques des hôtels sont réservées aux touristes, on y paie en devises, dollars ou francs. A part tabac et alcool, les prix sont un peu supérieurs à ceux qui sont pratiqués en France, pour des marques françaises : Yves Saint Laurent, Rochas, Cartier.
Quelques centres commerciaux, genre Prisu, offrent à côté des produits contingentés, des articles en vente libre, très chers : une paire de chaussures d'homme 1 600 francs, un frigidaire 20 000 francs, un lit 8 000 francs, une mini-chaîne 1 000 francs.
Qui achète ces choses ?
On terminera par le spectacle folklo-exotique de rigueur au cabaret Tropicana à la Havane. Et l'avion de retour.

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