1.1.10

je me souhaite la Bonne Année

Mes voeux les plus chers : continuer à m'étonner, m'émouvoir, jalouser l'espace d'un instant ceux qui écrivent  ce que je n'ai pas su dire, à ma manière ,  de ces mouvantes vérités qu'on voudrait retenir tandis qu'elles fuient vers un flou devenir

 par exemple, ce matin, de Brigitte Celerier
http://futilesetgraves.blogspot.com/2010/01/vases-communicants-un-chiffre-un.html


"Un chiffre, un nouveau chiffre et, sans y croire, mais le proclamant, inlassablement, cherchant à varier leurs dires, pour que visibles ils soient, que le sort les repère, ou que les autres les admirent, les humains fêtent le renouveau, l'embellie, la désirable jeunesse du monde.


Tant de bruits ils font que le temps, Saturne, ou quelque nom qu'ils lui donnent, soulève peut-être un sourcil, plisse peut-être ses lèvres en un sourire, et continue à être, immuable. Lui qui n'est pas le temps, pas Saturne, mais une force, qui coule, point ne s'arrête, et la connaissance qu'en ont les plus savantes des grenouilles humaines, leur jeu avec lui, l'action qu'ils pensent avoir sur lui ne peuvent ébranler son existence.


Il est, indifférent, sans limite, il est et passe sur le monde, ce que nous faisons et sur nous, mais le peuplons, l'habitons d'actions infiniment concomitantes - et modifions le futur des autres, connus et inconnus, le notre - et pour le garder, y trouver notre place, nous avons créé le jadis, le passé, le présent cette fiction essentielle, et le futur, et les chargeons d'espoirs, de regrets, de désespoir.


Il est, nous roule, nous emporte, et pour y tenir fermes, pour l'humaniser, nous avons trouvé les chiffres, les jours, les années, nos créatures auxquelles nous croyons.


- Té, petite tête, t'as pas fini de délirer ? ça ne te va pas d'essayer de penser – à table !


Un instant pour comprendre, une seconde pour se redresser, une minute pour tapoter sa robe et se mettre en mouvement, combien de minutes pour entrer dans la conversation ?


La seconde ne peut se penser, a fui - la minute est un notaire, précise - l'heure est une obligation à venir, on peut la déjouer en filant autour de la terre mais en nous elle manque d'élasticité - le jour et la nuit sont tangibles, on peut les nier, ne pas voir, mais vers trois heures du matin la nuit se rappelle en nous - le mois est sujet à enluminures - l'année nous l'avons créée pour y accrocher nos souvenirs et en oublier les millésimes - les calendriers se font la guerre...


- Alors - oui, j'arrive.. un moment...


Ne pas bouger, ne plus bouger, ne plus franchir ces limites, arrêter le temps.


Oui da, arrêter la vie...


- j'arrive... j'ai pas faim "

Et aussi à la même adresse -et si ous avez le temps- ,
une émouvante biographie d'Antonio Da Costa
par 'Anthony Poiraudeau

2 commentaires:

brigetoun a dit…

grand merci de cette reprise, mon petit cadeau de ce matin.
Pour moi je te demande de décider ce que je te souhaite, et je signe, après amplification

☼ FRANCE ☼ a dit…

Bonjour non je te souhaite une bonne année