7.11.05

Et puisque nous parlons maisons et bricolage.....


Je vous avais parlé des" ouvriers du solaire"
Voici la façade arrière de notre maison.

Donc depuis 1986 ces 12 panneaux sont installés,
ils nous ont permis de réduire notre consommatin de fluel de 50% mais surtout de contribuer à la production d'énergie renouvelable.
Ils fonctionnent par tous les temps même sans soleil un peu comme un réfrigirateur à l'envers. Alors il faut un compresseur.
Tant que nous avons eu des activités diverses à l'extérieur je ne faisais pas trop attention au bruit qui montait du sous sol , puis celà a fini par me gêner de telle sorte que j'ai demandé à mon mari de l'arrêter (pendant plusieurs années)

Puis, cette année, il s'est trouvé qu'une équipe de 2 jeunes spécialistes du froid ont mis leur point d'honneur à réhabiliter la chose ! de supprimer le bruit ;( je n'y croyais pas trop car on avait déjà demandé à d'autres d'intervenir dans ce sens.)

Alors, près avoir remplacé compresseur , gaz qui n'est plus le même, bricolé les attaches...ça marche à merveille!

Ca a coûté de l'argent bien sûr, quelque 2000E, mais ces jeunes n'étaient pas seulement motivés par cela, vu le temps qu'ils ont passé, le nombre de fois qu'ils sont venus ajuster, vérifier, remplacer des pièces....je crois qu'il faut saluer ceux qui mettent leur point d'honneur à triompher d'une difficulté.

Je leur avais dit que je le mettrais sur internet, voilà qui est fait.

6.11.05

pour Mamounette, André et les autres( suite de la vie continue)

André,
C’est le travail de la main pour élaborer ta cuisine que tu nous donnes à voir comme je vous avais montré le plaisir de ces hôteliers …(d’autrefois ?)

La main outil et symbole de la création offerte à notre plaisir autant qu’à l’utilité de nos proches

J’ai aimé « faire » aussi , il y a encore dans notre cuisine un vestige de "mes œuvres ": un revêtement synthétique imitant la mosaïque qui a si bien tenu qu’il fait encore illusion…
A la campagne j’ai monté les briques du barbecue, c’est un peu de travers mais bon ça tient et on s’en sert encore, mais de moins en moins, comme j’ai abandonné les travaux du jardin dont la surface a réduit d’année en année ; mon dos ne me le permet plus ; mon mari l’a abandonné cette année, se contentant de passer la tondeuse partout.
C’est la vie…et tant qu’on ne souffre pas trop physiquement c’est bien ; et j’ai mon ordinateur et des petits signes d’amitiés et mon quartier qui est encore un village pas encore incendié par les « casseurs »..oui à Bobigny tout près du centre…mais ce sujet est une autre histoire ….


Merci de témoigner que l’homme complet existe encore et se souvient ..
Comment sera demain ? une autre histoire aussi sans doute

Voici un petit passage du temps où je jardinais , à peu près à ton âge(66ans)

3 Juin 1986. Dammartin.

Ils sont tous repartis. Dimanche soir. Les ouvriers du solaire réclament la présence de Pierre. J’ai préparé vite les en-cas du soir pour chacun. Moi je reste. Remettre la maison en ordre. Avoir un peu de temps tranquille pour moi.
Pour écrire. Baste ! Il ne faudrait pas que je sorte dehors. Et il m'est bien difficile de commencer la journée sans enfiler mes bottes pour entrer dans tout ce vert, cet espace qui est à moi parce qu'il est à nous, à peine gommé par les frondaisons.
Dieu que c'est vert cette année! Il ne fait pas beau, mais il fait bon. Tout est humide, gonflé, hésitant. J'aime aussi cette humidité lourde ou fraîche, les petites pluies sournoises.
Non il ne faudrait pas que je sorte le matin si je veux continuer à remplir ce cahier que je trimbale obstinément Il faudrait que je croie plus fort à l'importance de dire. Il ne faudrait pas que je sorte ; ils m'appellent tous : les fraisiers, les œillets d'Inde en nourrice, les pensées qui étouffent sous la croûte de terre. Va pour un petit coup de binette par-ci, un repiquage par-là, et me voilà, à midi avec cette certitude : ce sera pour demain.

A Mamounette, André et les autres....(suite de la vie continue)

Mamounette

Puisque tu veux bien venir cheminer un peu avec moi du temps où j’avais 63 ans, peut-être à peu près ton âge ? je vais finir notre promenade et merci de m’aider à ressusciter ce passé à travers ta sensibilité qui réchauffe la mienne. Alors voici la suite de ce séjour à Nasbinal

Nous fonçons sur la route mi-enneigée, mi-dégagée. Pas de chaînes, ni de clous. C'est pour les touristes, paraît-il. "Ici on a l'habitude."

Nous nous enfonçons dans un univers clos de partout par l’ouate blanche. C'est bien de n'être nulle part. A la station, il faut reprendre pied. Petite animation des châlets-restaus, comme partout. Les pentes entre les sapins. Les tire-fesses. Les skieurs amateurs. Un petit air du temps où nous emmenions les enfants quand ils étaient à nous, avec encore tout plein de possibles devant. Tout plein ? Non, seulement quelques trajectoires non abouties sur des pistes balisées.
Un grog, au chaud derrière la vitre, puis nous repartons. Pierre est à l'arrière de la fourgonnette, vide maintenant. L'atmosphère s'est un peu allégée, on aperçoit l'hôtel des Œuvres Laïques tout près d'Aubrac, quelques burons endormis, par ici, par-là, dans l'amorce d'un paysage lent et doux.

Savez-vous ce que c'est un buron ? Pas tout à fait une grange, pas tout à fait une ferme. Une bâtisse de pierre solide, une seule grande pièce aménagée sommairement sur une cave où attendra le fromage.
A partir du 25 mai les troupeaux montent aux alpages. C'est le grand départ pour les herbages parfumés. Une cinquantaine de kilomètres à parcourir de la pointe du jour jusqu'au soir.
Le buron c'est le point de ralliement des bêtes pour la traite le soir. Le lait dans les grands pots est mis à cailler près de la cheminée, puis la tome mûrit dans les moules de bois cylindriques en attendant d'être plus élaborée et transformée en fourme, bleus, etc...
Le 13 octobre on redescend aux mas. C'est pour moi une image très littéraire, comme un voile sur mon chagrin.
J'aimerais voir peut-être. Voir l'été ici, revenir dans ce petit troquet où nous prenons un "petit rouge".

Le matin suivant la nature en a rajouté au conventionnel de paix et de solitude : la neige absolument vierge. Un petit soleil tout jaune. Des capuchons blancs aux toits. Un sapin tout givré. L'odeur du fumier qu'un tracteur transporte. Il fait doux. On marche. Un bistrot.
Un bougnat de la Porte de Montreuil de retour au pays. Une parisienne aussi, rapatriée dans son lieu d'origine, légèrement insolite avec son maquillage de ville, le crayon noir des sourcils soulignant un regard fatigué.
Notre séjour s'achève. Nous rentrons demain.
J'ai bien tenu.

5.11.05

La vie continue (suite)

Nous allons voir la lingerie, les belles machines neuves et modernes, avec cartes perforées, les grandes tables où s'empile le linge à repasser. Tout est propre, net. Le petit atelier où le mari prépare les abat-jour. De grandes peaux achetées directement aux abattoirs attendent d'être découpées avec soin après avoir été tannées.
Cette rampe d'escalier dans l'entrée, c'est le mari qui l'a dessinée. Tout en chêne massif. Je me sens apprivoisée par ces gens, par ces choses en gestation.
La grande salle qui sent le bois, le feu de cheminée, les grosses pierres apparentes, tout cela est juste assez naturel, assez conventionnel aussi pour que mon esprit glisse sans accrocher. Pas de prise à la bête sournoise, meurtrie de brûlures inconscientes et qui dort. Ne pas l'éveiller surtout. Tenir en laisse un mince filet de vie. Tout simple.

La neige. Toute blanche. Toute propre. Mon ensemble de ski est tout à fait douillet autour de mon corps. A ma soeur je dois le confort des bottes de cuir fourrées, du bonnet et de la longue écharpe moelleuse.
Je pense à ses pieds qui marchaient dedans, à son souffle qui traversait la laine. Je ne suis pas triste. Je suis un peu elle. Je suis un peu morte à l'intérieur et elle... elle est bien à l'abri aussi. Mon esprit s'endort. De la neige fouettée me cingle les paupières. Je marche contre le vent. Il faut marcher. C'est une idée comme ça, que j'ai encore. L'idée que ça fait du bien. Il faut se faire du bien. On est venu pour ça. Je sens l'air entrer profondément dans mes poumons et sortir à longue haleine. On force un peu le pas, pas trop, juste ce qu'il faut pour sentir que l'on marche. Pierre marche aussi, sans rien dire, un peu en avant. D'accord. De parti pris, d'accord avec tout. Quitte à exploser, à l'improviste pour on ne sait quelle obscure raison, dévastant d'un seul coup notre fragile équilibre.
Une seconde j'imagine que je suis là, toute seule à marcher sur cette route inconnue.
Impossible. Je me repose sur lui. Je lui abandonne les repères, les distances, l'orientation des routes. Je force un peu mon indifférence à choisir ou reconnaître les lieux. Je préfère ne pas regarder, je marche comme une bête. Je vois un arbre tout blanc. Tout propre. C'est suffisant.

Nous rentrons un peu étourdis. Deux anoraks, deux paires de ski dans l'entrée, seuls témoignages d'autres êtres ici. On les apercevra à peine. Tant mieux. Lui un petit moustachu aux longs cheveux, elle une asiatique aux cheveux raides, noir jais.

Le lendemain la neige fond. Le ciel est tout chargé. La route grisaille. Diversion : l'hôtelier nous propose une virée à Laguiole, à une quinzaine de kilomètres. Il va là-bas, en 2CV, porter des tables au "collègue".
Je grimpe à l'avant …..

4.11.05

La vie continue

Février 1984.
11 mois après le décès de ma sœur.

Voyage à Nasbinal, sur le plateau de l’Aubrac.

En février, nous partons à Nasbinal sur le plateau de l'Aubrac.
Je suis pleine de crainte. J’ai peur de l'insertion de ma vie dans un nouvel espace. Moi qui essaie patiemment de ne pas me voir, je vais être cernée par des lignes inhabituelles, éclairée de lumières naïvement impitoyables. Et tourneront, tourneront tous les pourquoi de ma vie dérisoire. Non sois sage. Tais toi. Ma révolte fléchit comme cette dure pelote de noir chagrin dont le fil mincit avec la trame des jours.

Alors j'écume quelque mousse de bien être : l'installation dans le train du départ, avec un peu d'inconnu devant. Un roulement doux.
Pierre a tout prévu. Rien à faire. Rien à penser.

Arrivée à l'hôtel : léger, léger voile de plaisir. Confort. Propreté deux étoiles. Des pierres, du bois, des poutres, de la mosaïque, des moquettes. Rien de spécial. J'y jette pourtant un regard mi-curieux, mi-satisfait. Ce doit être cela le luxe. Pourtant ce très grand lit pour deux où l'on peut vivre sa nuit sans sentir l'autre vivre est bien excessif. Chacun a une belle lampe pour lire le soir. Bien. Bien aussi, cette grande tablette où lire, écrire à l'aise. Bien ce radiateur électrique où la manette individuelle délivre le degré de chaleur exacte. Ne pas économiser. On a payé pour ne pas économiser, pour utiliser toutes ces serviettes de bains d'une blancheur immaculée, qu'on change chaque jour à peine dépliées. J'ai payé pour faire travailler cette femme harassée qui change mes draps tous les deux jours. Petite nausée. A peine. C'est l'heure du repas.

Table ornée, mets imprévu, gourmandise flattée. Menus plaisirs.
L'hôtelière est gentille. Elle est contente d'avoir fait cette terrine, de vous la présenter :
- C'est fait maison.
Comment ne pas terminer cette grosse et succulente tranche de pâté ? cette côtelette sauce moutarde, et ces petites pommes de terre sautées, et le fromage, et la bonne tarte maison au sucre et au beurre ? Tant pis, pour une fois ! Merci Madame. C'est très bon.
- Ça vous plaît ? Voulez-vous plus ?
- Non merci, mais je grignote encore un peu de cette énorme part de quiche.
Cette fois c'est dit, j'en laisse et je m'excuse. J'ai payé. Je suis bien libre.
Tout à l'heure j'irai à la pharmacie acheter un léger laxatif.

J'ai mangé des tripoux que je ne connaissais pas : des tripes de moutons avec un peu d'ail, du persil, bien cousues dans un morceau de panse, agrémentés d'une petite sauce et de carottes. Délicieux. C'est l'entrée.
Suivent la dinde en sauce, les petits légumes, le fromage, la tarte.
Une autre fois je découvre l'aligot : de la tome fondue dans une purée de pommes de terre, avec de la crème fraîche. Splendide. Et le civet de sanglier donc, le grand ramequin de mousse au chocolat, celle que j'aime avec du vrai chocolat noir très fin ! Tout de même je ne finirai pas tout. Je m'excuse.
Le boudin aux pommes non plus. On a dit qu'il est de bon ton d'en laisser un peu. Cela prouve bien qu'on est comblé.

Nous bavardons avec la Patronne. Elle est simple et nous confie qu'elle soupe le soir d'un grand bol de bouillon de légumes et de fromages.

Elle a un bel hôtel, c'est sûr. Superbe. Avec son mari, ils l'ont fait construire et l'ont ouvert il y a deux ans. Elle raconte simplement. Ses parents tenaient un hôtel à une vingtaine de kilomètres de là. Bien plus petit. Mais le travail ne manquait pas. A dix ans, il fallait aider, pour le vin, pour la vaisselle, il fallait se tenir dans la cuisine. Le salon c'était pour les clients. Alors maintenant elle a son appartement séparé. Elle a une fille de vingt ans, en pension à Toulouse, qui a du mal à décrocher son Bac. Et qui ne viendra pas pour les vacances de février. C'est trop court. Voilà.

L'hôtel est bien calme en ce moment, c'est une chance car sa santé devient fragile. Elle fait le feu à la cheminée. Son mari finit la confection et l'installation de la lustrerie. De grands abat-jour de peau. C'est joli. "Oui, on a fait beaucoup par nous-mêmes. C'est nous qui avons proposé les plans, organisé tout l'agencement intérieur. Nous en avons eu du plaisir, plus même que maintenant où tout est à peu près fini".

Cette conversation simple me plaît. Moi aussi j'aime surtout les choses à faire ou en train de se faire.
à suivre..

3.11.05

j'ai fait des histoires pour rien

depuis plus d'une heure je ne pouvais plus accéder à mon blog et prête à invoquer tous les démons de la terre, ou tous les saints du paradis, ....non c'est Saint Antoine je crois qui retrouve les objets perdus!
merci à lui.

2.11.05

Il n'a pas encore gelé


Les coprins micacés

Toute une kyrielle de coprins micacés sont apparus sur la pelouse de mon fils, tout autour de la souche d'un cerisier mort abattu l'année dernière.

En effet ces petits champignons spectaculaires apparaissent au niveau des racines de nombreux arbres morts.

Ils sont fragiles comme tous les coprins et deviennent rapidement noirâtres. Ils doivent leur nom à de minuscules plaques brillantes sur leur chapeau, parfois difficiles à apercevoir par temps humide.



Ils sont comestibles mais sans grande qualité gustative; en les faisant revenir dans un peu d'huile avec ail et persil c'est tout à à fait convenable.

31.10.05

le G5

Je ne crois pas aux miracles ni à toutes sortes de médecines plus ou moins douces ou charlatanesques.
Je n’utilise ni suppléments de vitamines et autres oligo- éléments..qui font les affaires de tant de publicités…actuelles
« Si ça ne fait pas de bien, ça ne fait pas de mal »…..encore que…. l’excès en tout est un défaut…bref je me méfie.
Ceci dit, ayant une arthrose cervicale sans remède médical que calmants dommageables pour estomac et autres fatigues, j’ai essayé le G5 que j’avais d’ailleurs déjà signalé comme bénéfique à tout point de vue..
Je retrouve dans un « comment » une allusion à ce médicament et me permets de le signaler à nouveau.

Si vous voulez des renseignements précis affichez dans Google : Loïc le Ribault.
Il manque une petite mise à jour, le G5 est maintenant fabriqué en Espagne.

On peut demander aussi des renseignements et doc. en envoyant un mail
À: <"website:info"@loic-le-ribault.ch>
Objet: G5 demande de doc.

En souhaitant qu’il puisse soulager quelqu’un….

Il n’y a pas que le corps qui vieillit, l’esprit aussi ou plutôt le cerveau, tantôt l’un un peu plus vite tantôt l’autre..mais je vois qu’on n’en n’a pas fini de vouloir séparer le corps et l’esprit…et d’avoir peur de vieillir, ou de mourir !! et de se mentir !

vers 1930 (voir hommage aux parents disparus)


Avant passage à niveau

et sémaphore

30.10.05

Parc dans une maison de soins


Non loin de Blois

la douceur et le calme

du jardin de la France

Encore un peu de mythologie.

Charon

Le mythe

Charon est le batelier des Enfers, le "nocher" du monde souterrain, comme le traducteur le désigne souvent.
Il accueille dans sa barque les âmes des morts que lui amène Hermès "psychopompe" ; moyennant une obole, il les prend à son bord et leur fait traverser le Styx ou l'Achéron, la frontière qui sépare le monde des vivants de celui des morts.

Malheur à ceux qui n'ont pas de quoi payer ! Il les laisse sur la rive où ils sont condamnés à errer près du rivage, sans trouver le repos, jusqu'à ce que l'on statue sur leur sort (pendant cent ans selon Virgile, Enéide, VI, 329). C'est pour cette raison qu'on avait coutume de placer dans la bouche des défunts une pièce de monnaie afin de leur garantir ce passage dans l'au-delà.

L'absence d'obole peut être en effet la preuve que les rites funéraires n'ont pas été accomplis dans les règles, criminelle impiété qui condamne le défunt à l'errance et l'empêche de passer au statut de "mort". (On se souvient d'Elpénor, le compagnon d'Ulysse, d'Etéocle, le frère d'Antigone, qu'il ne faut pas laisser "sans larmes, sans sépulture"(Sophocle, Antigone, 29) ou des généraux vainqueurs aux îles Arginuses, condamnés à mort pour avoir abandonné les cadavres des soldats tués).
Charon n'a pas de généalogie clairement attestée, même si certains en font un fils d'Erèbe et de Nuit , filiation d'ailleurs plus symbolique que proprement mythique.

Une seule aventure mythologique lui est associée : lorsque Héraclès descendit aux Enfers pour aller capturer Cerbère sur les ordres d'Eurysthée et par la même occasion délivrer Thésée et Pirithoüs, enchaînés par Hadès pour avoir essayé d'enlever Perséphone, il exigea de Charon de le faire passer dans sa barque.
Devant son refus, le héros s'empara de sa gaffe et lui en asséna de tels coups que le malheureux nocher fut bien forcé d'obéir. Il fut d'ailleurs puni pour avoir laissé passer un vivant et condamné par Eaque, le juge des Enfers, à rester toute une année enchaîné, selon Servius, le commentateur de Virgile.

29.10.05

hommage aux parents disparus

Extrait de mon journal; évocation de mes parents

"C'était l'heure où les voitures rentraient des champs, où les trains du soir se faisaient plus nombreux. La porte claquait. Un vent glacé nous fouaillait les jambes. On entendait les sabots de ma mère sonner sur le ciment de l'allée. Mon père soignait les bêtes. Selon la saison il allait au bois faire les "affouages", façonner les fagots, couper, fendre, empiler les bûches, ou donner un coup de main au cultivateur voisin pour la fenaison ou la moisson en échange de quoi nous recevions gratuitement un ou deux sillons pour y planter nos pommes de terre ou nos carottes, un morceau de boudin à l'abattage du porc, un demi verre de lait supplémentaire dans notre pot le soir.
Je le revois rouge, tout ruisselant de sueur, les veines de ses mains toute gonflées, quand il rentrait, à la brouette, d'énormes charges de foin, une corde passée sur son cou pour soulager ses bras.
Il savait aussi tresser des paniers, réparer nos chaussures, raser à la perfection, la première herbe tendre, ou la dernière un peu sèche, aux pentes des talus. Il fallait encore cultiver le jardin, faire des conserves, nettoyer le poulailler, les clapiers, courir à Chaumont les jours de marché pour y vendre quelques volailles.( en plus de son travail de nuit)
Maman, elle non plus, ne rechignait pas à la besogne. Elle confectionnait tous nos sous-vêtements, la plupart des vêtements courants, même des chaussons pour la maison, raccommodait jusqu'à la corde, tricotait, tannait la peau des lapins, tout cela entre deux galops pour la manœuvre des signaux ou des barrières."


C'est une petite corbeille tressée par mon père vers 1930, j'avais environ 10 ans. Je revois la scène comme si c'était hier: mon père est assis dans la grande cuisine-séjour, sur son genou, à l'aide d'un couteau à lame courbe, il lève des écorces de coudrier(noisetier) sur de longues tiges qu'il est allé couper dans le bois puis il pelure ces long rubans de bois qu'il met à tremper dans une grande bassine d'eau afin de les assouplir. Le reste de la tige sera soigneusement assouplie puis partagée pour constituer le squelette de la corbeille. Il se reste plus qu'à tresser les brins d'écorce.Je trouvais cela tout naturel même si ce n'était pas du tout son métier mais une sorte de savoir faire héritée des paysans d'autrefois.Ce n'est que tout récemment que je me suis prise d'admiration pour la finesse de ce travail et l'état de conservation de cet objet de tous les jours. Le bois à peine patiné a gardé l' éclat et la solidité qui n'est pas celui de l'osier .

28.10.05

LES FLEURS DE LA TOUSSAINT

Beaucoup n’aiment pas les fleurs artificielles, je trouve que c’est un moindre mal dans les cimetières.
Il y en a d’ailleurs de très jolies, de vraies réussites techniques, en soie par exemple comme celle dont nous habillons nos épaules et pas plus figées que celles fixées sur un cliché ou peinture…d’artiste.
Mon cœur se serre quand j’ai l’occasion de voir ces milliers de superbes chrysanthèmes, fruit d’une longue patience et savoir faire des maraîchers, offerts en sacrifice aux morsures de la gelée, la nuit suivante.*
Ca me fait penser aux sacrifices sanglants offerts aux dieux pour les honorer ou nous les rendre favorables.
C’est la coutume direz-vous, notre culture, nos traditions. Une manière d’honorer nos morts.

Non toutes les coutumes ne sont pas respectables et je cite souvent un cas extrème comme celui de l’excision par exemple..,encore pratiquée de nos jours, même en France.

Et du point de vue écologique, consommation de choses qui vont à la poubelle sitôt achetées n’est-ce pas un non sens ?

Chaque année j’achète une ou deux de ces superbes potées qu’on vend à la Toussaint, et je les mets chez moi, au moins elles sont soignées, admirées, sauvées et non ignorées des morts qui ne peuvent plus les voir.

Mais c’est sûr on ne peut pas toujours être rationnel comme on ne peut pas toujours dire avec des mots les nuances de nos sentiments ….

Alors pour me faire pardonner ou mieux comprendre,

j’ose recopier ce que j’écrivis 9 mois après le décès de ma sœur; sur l'instant c'eût été impossible

début du récit:....( 25 nov.1983: "Voilà 9 mois hier que Ginette est morte......"

fin du récit:

« Les obsèques auront lieu à Dammartin-sur-Tigeaux. C’est le plus simple pour nous. Nous voulons le minimum. Pas de faire-part. Pas de fleurs. Aucun luxe de bois ou de satin. Tout est désormais inutile, sans objet.
Jean nous accompagnera. A la levée du corps, un voisin : le plus proche. A l'arrivée, un ami de Pierre. Un clair soleil aussi.

Et, contradictoires comme ces impératifs venus du fond des âges*, la gerbe de fleurs de soie, si tendres, si fraîches, que nous avons choisie Catherine et moi en dépit de nos principes et qui tremble au vent léger.

"Elle" est là-dessous, dans sa chemise de nuit à petites fleurs mauves, festonnée au col, et sa robe de chambre couleur rose chair un peu passé.

La campagne que aimions est là tout autour. Ce n'était pas seulement le plus simple.
C'était le moins cruel des abandons.

gelée de novembre: dans tout le nord de la France, il gelait régulièrement dès les premiers jours de novembre .
Cette année ?? le réchauffement climatique??

impératifs venus du fond des âges: nous sommes inconsciemment conditionnés , plus qu'on le voudrait, par les traditions, dans les moments de forte émotion.

27.10.05

L'empire des morts:croyances ou légendes d'autrefois

c'est vrai il faut penser à lire à l'envers donc après le texte suivant :

Cerbère
De l'union des deux monstres, Typhon et Échidna, naquit Cerbère, qui gardait l'entrée des Enfers. Ce chien à trois têtes avait un cou hérissé de serpents, et des dents dont la morsure était empoisonné comme celle de la vipère.
Le chien tricéphale, qui se tenait devant une antre au bord du Styx , permettait aux ombres des morts de pénétrer dans les Enfers, mais leur interdisait d'en sortir. Les mortels téméraires qui tentaient de s'aventurer dans le royaume des morts étaient impitoyablement déchiquetés.

Parfois Cerbère n'était pas aussi impitoyable que la renommée l'affirmait, et certains mortels ou héros parvinrent à l'apprivoiser. Psyché, envoyée par Aphrodite auprès de Perséphone, donna à Cerbère un gâteau et réussit à l'amadouer.
La Sibylle de Cumes, Déiphobé, lui offrit également une sorte de pâte soporifique lorsqu'elle conduisit Énée aux Enfers.

Quant à Orphée, on sait qu'il parvint à charmer de sa lyre et de ses chants l'inexorable monstre.

Enfin avec Héraclès, Cerbère connut une humiliante défaite. Autorisé à s'emparer du chien et à le ramener sur Terre à la simple et difficile condition de ne pas recourir à ses armes, Héraclès, de ses seules mains, l'étouffa à demi et put le porter ainsi jusqu'à Mycènes.

Mais bientôt Cerbère, gardien sans égal, fut rendu à l'empire des morts.

26.10.05

je les laisse toujours dormir en paix

Toussaint 1996

Ils vont aller dans les cimetières
S’assurer qu’ils sont bien morts
Leur tirer les vers du nez
Et trafiquer leur histoire
Et se faire toute une gloire
De les dire encore vivants.

Mais qu’aucune main ne dépasse.
Bien relégués dans leur espace,
Bien empanachés de fleurs et d’inscriptions,
De pleurs et de fastes,
Les morts, les pauvres morts
Se font bouffer par les vivants.

Tous ces fabricateurs d’édifiant
Ces commerçants et ces cerbères
Qui font les importants
Et remuent ciel et terre
Pour nous faire croire
Qu’ils sont vivants.

Que bien jolie sera la place
Où nous aussi pourrirons
Tout embaumés de fleurs tenaces
De mensonges et d’illusions
Que font éclore tous les bigots
Des morts vivants.


M. L.
28 octobre 1996.

24.10.05

Mon rêve de cette nuit


j'étais sur la mer, entourée de la mer mais sur uns sorte de chemin ,

tenant par la main ma petite fille de 6 ans et je lui disais:

" regarde comme c'est beau , la mer était d'un bleu léger, à peine frissonnante..

et tout à coup le flot a monté : nous étions dans l'eau ,

vite il fallait nous sauver, c'était la marée montante ...

je ne sais pas si nous sommes arrivés à bon port

mais cette image me reste :

un écho je pense de tous ces gens engloutis sous les eaux...

22.10.05

Bougainvillée


Ma bougainvillée

est revenue à la vie


mais qu'en faire

pour cet hiver ?