TERRE GLAISE
Lourde et forte comme une vie
Lourde et forte comme une vie
Offerte à la création,
Douce et molle aux doigts d’enfant,
Impure et menacée au soleil des humains
Où s’écaille l’ébauche de leurs rêves violents,
Garderas-tu mémoire des chemins dérisoires
Où nous avons marché, voulu, aimé
Quand dormirons tranquilles
En ton mystère serein ?
Tu fus ma sève, mon feu et ma patience,
Tu fus ma sève, mon feu et ma patience,
L’origine du temps à chacun imparti,
Les formes impétueuses que mes doigts ont pétries,
Ma survivance solitaire,
Mon bon pain pour demain.
Tu fus mon combat et mes défaites,
Tu fus mon combat et mes défaites,
Le doux linceul de ceux qui nous quittèrent,
Le puits sans fond de mes larmes amères,
Les ornières sans nombre où s’égarèrent mes pas.
Hélas qu’avais-je à faire des combats incertains
Hélas qu’avais-je à faire des combats incertains
Que se font les Idées au ciel platonicien ?
J’étais née de la terre
J’étais née de la terre
Pour être jardinière d’une rose éphémère.













